L’une des tranches proposées sera une obligation verte d’une maturité de 5 ans. Selon Reclaim Finance, ce projet représente un risque sérieux pour le climat et la biodiversité, et notamment pour le dauphin blanc de Chine, une espèce menacée.
Reclaim Finance dénonce la participation des banques et appelle les investisseurs à ne pas participer à l’opération pour éviter un risque important de greenwashing et de réputation.
Le projet fait partie du plan d’expansion de l’aéroport international de Hong Kong (HKIA) qui a débuté en 2016 et devrait être entièrement achevé en 2024 [2]. Selon Airport Tracker, l’aéroport émet actuellement l’équivalent des émissions annuelles de CO2 de trois centrales à charbon. Or, l’ampleur de l’expansion sera équivalente à la construction d’un nouvel aéroport à côté de l’existant [3].
« En plus de son impact sur le climat, le projet menace les derniers dauphins blancs de Chine qui subsistent dans les eaux de Hong Kong [4]. Également appelé dauphin rose, cette espèce est menacée d’extinction et figure à l’annexe I (le niveau de protection le plus élevé) de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). C’est l’une des nombreuses espèces marines qui verront leur habitat détruit, sans compter la pollution hydrique, sonore et atmosphérique causée par le projet. » indique Reclaim Finance.
« L’émission d’une obligation verte pour un projet aussi dévastateur a peut-être été autorisée [5] mais les risques pour le climat et la biodiversité associés au projet parlent d’eux-mêmes : étiqueter ce projet comme vert est du greenwashing de haut vol. Les investisseurs honnêtes devraient tout simplement se tenir à l’écart de cette obligation » déclare Lucie Pinson, directrice de Reclaim Finance.
« Au-delà de la question de l’étiquetage d’une partie du projet comme étant vert, la participation de 11 banques qui ont rejoint la Net-Zéro Banking Alliance soulève des doutes sur la crédibilité de leurs engagements climatiques et sur la manière dont elles comptent atteindre leur objectif net zéro tout en soutenant la croissance du trafic aérien. » précise Reclaim Finance.
Ces banques sont ANZ, Bank of America, BNP Paribas, Citibank, Credit Suisse, HSBC, J.P. Morgan Chase, Mizuho, Morgan Stanley, Standard Chartered et UBS.
La croissance du trafic aérien a entraîné une augmentation de 42 % des émissions de CO2 entre 2005 et 2019, même en tenant compte des améliorations continues de l’efficacité énergétique des avions [6]. Une étude du Shift Project qui a analysé deux scénarios de décarbonisation du secteur de l’aviation par la technologie montre que le secteur ne pourrait pas s’aligner de manière réaliste sur une trajectoire de 2°C sans réduire la croissance du trafic [7].
« Lorsque des banques, telles que BNP Paribas, HSBC et UBS, réécrivent le dictionnaire pour repeindre en vert un aéroport, nous ne pouvons que remettre en question toute la crédibilité de leurs engagements climatiques. Nous appelons les institutions financières à s’engager publiquement à ne soutenir aucun projet qui favorise la croissance du trafic aérien » ajoute Lucie Pinson.
L’autorité aéroportuaire de Hong Kong n’est pas la première société aéroportuaire à émettre une obligation verte pour financer l’expansion de ses infrastructures. Selon les recherches de Reclaim Finance, au moins 5 autres sociétés l’ont fait depuis la première émission obligataire du Mexico City Airport Trust en 2016 [8].