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51 ans après, le désastre écologique continue

Les investisseurs ont de quoi réfléchir à l’occasion de la Journée de la Terre. La dépendance des secteurs à l’égard de la nature est généralisée, l’industrie pharmaceutique étant particulièrement exposée à la perte de biodiversité. L’analyse de Michael Lewis, Responsable de la recherche ESG chez DWS.

Jeudi prochain marquera la Journée de la Terre, dont l’objectif est d’unir le monde entier en faveur de la protection de l’environnement. Mais depuis 1970, date de la première Journée de la Terre, les menaces pesant sur les écosystèmes terrestres et marins ainsi que sur les espèces ont considérablement augmenté. Par exemple, au cours de cette période de 50 ans, 32 % de la superficie forestière mondiale a été détruite, 85 % des zones humides ont disparu, 50 % des systèmes de récifs coralliens du monde ont disparu et on a constaté, en moyenne, un déclin de 60 % des espèces vertébrées. [1]

Une telle perte de biodiversité met en péril l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons et les aliments que nous mangeons. [2] Selon les estimations de la Commission pour le développement durable des entreprises, la perte de biodiversité crée directement des charges sociétales à hauteur de 3 % du produit intérieur brut (PIB) mondial par an, comme le montre notre "graphique de la semaine". Seuls les conflits et la violence armée, avec 9,1 % du PIB mondial, représentent un fardeau plus lourd pour la planète. [3] Les deux phénomènes sont liés. Selon une étude publiée en 2019 par Nature, le climat a influencé entre 3 % et 20 % du risque de conflit armé au cours du siècle dernier et cette part pourrait augmenter dans les années à venir, même si nous parvenons à limiter la hausse de la température mondiale à 2° Celsius maximum. [4] Le sommet des leaders sur le climat organisé la semaine prochaine par le président américain Biden devrait mettre en évidence ces liens.

Selon des estimations fiables, les coûts indirects pourraient être encore plus élevés : plus de la moitié du PIB mondial dépend de la nature et des services qu’elle fournit. Les secteurs de l’alimentation et des boissons, de l’agriculture et de la pêche et de la construction affichent la plus forte dépendance à l’égard de la nature [5]. Mais l’industrie pharmaceutique dépend aussi fortement de la nature. Pas moins de 50 % des médicaments délivrés sur ordonnance sont basés sur une molécule présente naturellement dans une plante. En ce qui concerne le traitement du cancer, 70 % des médicaments anticancéreux sont des produits naturels ou synthétiques inspirés par la nature. [6] En outre, on pense qu’à ce jour, seulement 15 % des 300 000 espèces végétales estimées dans le monde ont été évaluées pour déterminer leur potentiel pharmacologique. [7] Par conséquent, alors que le monde continue de faire face à une pandémie mondiale, il convient de souligner que la découverte de médicaments serait une victime directe de l’incapacité à stopper l’effondrement des écosystèmes terrestres. Cela intervient à un moment où les scientifiques nous avertissent que la résistance aux antimicrobiens est en augmentation. En bref, il y a de quoi réfléchir à la Journée de la Terre.

Michael Lewis 19 avril

Notes

[1] WEF (janvier 2020). Le risque naturel augmente : Why the crisis engulfing nature matters for business and the economy.https://www.weforum.org/reports/nat...

[2] DWS Chart of the Week (2 octobre 2020).

[3] Commission des entreprises et du développement durable (2017). Better Business, Better World

[4] Nature (juin 2019). Le climat comme facteur de risque pour les conflits armés.

[5] WEF (janvier 2020), cité ci-dessus.

[6] B. Hawkins, 2008, "Plants for life : Conservation des plantes médicinales et jardins botaniques

[7] R. Palhares et al., 2015, "Plantes médicinales recommandées par l’Organisation mondiale de la santé : L’identification par code-barres ADN associée à des analyses chimiques garantit leur qualité.

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