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FAANG 2.0, le nouveau paradigme ?

La semaine dernière aura été marquée par un évènement que peu de gens ont noté (ou signalé) : la capitalisation boursière d’Exxon est passée au-dessus de celle de Meta (ex-Facebook). Si cela peu paraître assez anodin, c’est tout de même un retournement de tendance comme on en a rarement vu par le passé. Quels sont les conséquences et les impacts ? Synthèse et analyse.

a. Les faits

FAANG est un acronyme qui a été utilisé un nombre incalculable de fois pour désigner les cinq principales valeurs technologiques cotées sur le marché boursier américain. Facebook (Meta), Amazon, Apple, Netflix et Google constituent le groupe d’actions FAANG. Meta est la société mère de Facebook tandis qu’Alphabet est celle de Google.

La course inégalée des actions FAANG jusqu’en 2021 les a fait se démarquer parmi les autres actions cotées sur le marché boursier américain. Certains ont considéré cela comme une bulle qui a, en fin d’année passée, commencé à se dégonfler tout « naturellement ».

Cependant face à cette baisse, d’autres secteurs et entreprises ont pris le relais, permettant aux indices américains de « limiter la casse ». Et à y voir de plus près, on constate que ce sont certains secteurs spécifiques qui ont été entourés, les FAANG 2.0. Ou le retour de « l’ancienne économie » …

b. FAANG 2.0

Prenant souche dans les interrogations économiques, les chamboulements politiques ou encore les nombreuses évolutions géopolitiques, une nouvelle tendance s’est dessinée dernièrement et a pris de l’ampleur (et le pas) sur les valeurs technologiques : les FAANG 2 qui représentent 5 secteurs distincts : les carburants, l’aérospatiale et la défense, l’agriculture, le nucléaire et l’or/métaux/minéraux. Passage en revue :

  • F (pour fuel en anglais) - Combustibles. Le secteur de l’énergie a décliné en tant que force du marché au cours des dernières décennies, ne représentant que 4,7 % (selon Bank of America) de la capitalisation boursière totale du S&P 500 aujourd’hui, contre 13,4 % en 1990. Pourtant, la combinaison de tensions géopolitiques, d’une offre limitée, d’une forte demande et d’un sous-investissement ont alimenté les prix de l’énergie à un niveau élevé.
  • A - Aérospatiale et défense. Alors que la guerre fait rage en Ukraine, les pays européens se réarment progressivement. L’Allemagne, par exemple, a décidé de consacrer plus de 2% de son PIB à la défense. Les pays asiatiques augmentent également leurs dépenses de défense, et la hausse des dépenses ne concerne pas seulement l’armement, mais aussi la cybersécurité. Les actions du secteur de la défense ont surperformé le marché en général en 2022, et l’augmentation des dépenses devrait se poursuivre.
  • A - Agriculture. L’agriculture est aussi un secteur clé qui a été mis en avant ces derniers mois. Pour des bonnes et de mauvaises raisons. à surveiller. Les pénuries d’équipement, la hausse des coûts des intrants, les défis climatiques et la demande croissante de la classe moyenne des marchés émergents sont autant de facteurs qui laissent entrevoir un potentiel de hausse des bénéfices pour le complexe agricole mondial. Faut-il aussi rappeler que pour que tout le monde puisse manger en 2050, il faudra doubler la production agricole mondiale ?
  • N (pour nuclear en anglais) - Énergie nucléaire et renouvelable. Le nucléaire a le facteur de capacité le plus élevé de toutes les sources d’énergie, produisant une énergie fiable et sans carbone plus de 92 % du temps. C’est deux fois plus fiable que les centrales au charbon ou au gaz naturel et presque trois fois plus que les centrales éoliennes et solaires. À noter qu’il y a encore aujourd’hui 4 réels désavantages liés à l’énergie nucléaire. Le premier concerne les délais de construction des nouvelles centrales nucléaires. Ensuite le recyclage des déchets nucléaires (moins de 1 % du combustible usé et moins de 2 % des autres matières soi-disant valorisables sont réellement utilisés). Le troisième est la faisabilité et l’impact du stockage des déchets hautement radioactifs en couche géologique profonde. Enfin, dernier risque et non des moindres, le niveau de risques associés à cette technologie compte tenu des graves problèmes de conformité de la filière.
  • G (pour gold en anglais) - Or et minéraux. Il y a une différence flagrante entre les flux acheteurs sur l’or et son évolution boursière. Si on a noté depuis le début de la guerre un attrait grandissant vers cet actif considéré comme refuge face à l’inflation et aux troubles géopolitiques, la hausse des taux réels et la progression du dollar ont mis une certaine pression sur le métal jaune. Cependant cette catégorie (G donc), comprend aussi certains minéraux qui sont essentiels à la transition vers une énergie plus propre, en particulier les batteries qui alimentent les véhicules électriques (VE). Les besoins en lithium, par exemple, pourraient être multipliés par 40 par rapport à la demande actuelle (n’hésitez pas à me demander mon étude sur la question)

c. And so what ?

La question actuelle pour votre portefeuille est bien évidemment de savoir si cette nouvelle (ancienne) tendance va (per) durer ? Et la réponse est assez complexe. En effet, tout d’abord on peut relever que l’émergence des FAANG 2.0 a été initiée par plusieurs évènements extraordinaires (dans le sens littéral du terme) dont la guerre en Ukraine (qui a mis en avant le manque d’énergie renouvelable) et le Covid-19 (qui a tout d’abord relancé la demande mondiale avant qu’elle soit réduite à cause de la politique du Covid-zero en Chine et la hausse de l’inflation).

Ensuite, pour que les FAANG soient remplacés par les FAANG 2.0, il faudrait que le cycle (économique et/ou de l’innovation) soit passé dans une nouvelle phase, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Rappelons ici que l’on reconnaît aujourd’hui, selon le cycle de l’innovation de Joseph Schumpeter, 6 vagues (sans aller dans les détails) :

  • Première : Pendant la première vague de la révolution industrielle, l’énergie hydraulique a joué un rôle déterminant dans la fabrication du papier, des textiles et des produits en fer.
  • Deuxième : La deuxième vague, entre 1845 et 1900 environ, a donné lieu à d’importantes avancées dans les domaines du rail, de la vapeur et de l’acier.
  • Troisième : L’émergence de l’électricité alimentant l’éclairage et la communication téléphonique par la troisième vague a dominé la première moitié des années 1900.
  • Quatrième : Lors de la quatrième vague, l’aviation a révolutionné les voyages.
  • Cinquième : Les nouveaux médias ont modifié le discours politique, les cycles d’information et la communication au cours de la cinquième vague.
  • Sixième : La sixième vague est marquée par l’intelligence artificielle et la numérisation à travers l’information des objets (IoT), la robotique et les drones. Dans le même temps, les technologies propres va passer au premier plan.

d. Synthèse

L’émergence « d’opportunités » potentielles FAANG 2.0 (à mettre sur le compte d’éléments extra-ordinaires) ne signifie pas qu’il faille abandonner les autres investissements de votre portefeuille, y compris le secteur technologique. Bien au contraire. On sait qu’au cœur de chaque innovation technologique se trouve la résolution de problèmes complexes, et les préoccupations climatiques sont de plus en plus pressantes. La baisse des coûts du solaire photovoltaïque et de l’éolien laisse également présager des avantages en termes d’efficacité et bien évidemment d’investissement.

John Plassard 29 septembre

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