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Guerre en Ukraine : des arguments pour une énergie propre

La crise ukrainienne montre à quel point la dépendance de l’Europe au gaz russe est problématique, et il ne saurait y avoir d’indépendance politique sans indépendance énergétique. L’utilisation par la Russie de son gaz naturel comme d’une « arme » en constitue une parfaite illustration...

La crise ukrainienne montre à quel point la dépendance de l’Europe au gaz russe est problématique, et il ne saurait y avoir d’indépendance politique sans indépendance énergétique. L’utilisation par la Russie de son gaz naturel comme d’une « arme » en constitue une parfaite illustration - le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ayant exposé les preuves d’un "resserrement artificiel" de l’offre par la Russie l’année dernière. Devant ces considérations d’ordre politique et financier, les énergies propres paraissent une saine alternative.

Un tournant énergétique soutenu par les instances politiques

Sous la flambée des prix du gaz et le retour de la guerre en Europe, l’Union européenne a officiellement déclaré qu’elle s’efforcerait de déployer des technologies énergétiques propres, de réduire sa dépendance à l’égard du gaz russe, de renforcer sa sécurité énergétique et de réduire simultanément ses émissions. Selon l’AIE, la rapidité de ces opérations est essentielle, car l’UE sera confrontée à « une incertitude considérable quant à l’approvisionnement en gaz russe l’hiver prochain ».

De même gouvernement allemand a annoncé un projet visant à avancer de 15 ans son programme de production d’énergie 100% renouvelable. L’AIE a publié un plan en dix points visant à réduire d’un tiers les importations de gaz russe dans l’UE d’ici un an. Aux États-Unis, le président Biden a également souligné l’importance d’accélérer le déploiement des technologies propres. Toutes ces politiques et déclarations laissent présager une forte accélération de la demande pour les énergies solaire et éolienne et ce, d’autant plus qu’elles sont désormais accessibles tant technologiquement que financièrement.

Face à la crise, toutes les énergies propres ne sont pas à égalité

Le segment le plus négativement impacté par à ce stade est celui du stockage d’énergie, avec notamment le marché batteries et des véhicules électriques, qui pâtissent de la fragilité des chaînes d’approvisionnement. La guerre en Ukraine met ainsi sous pression une logistique déjà très tendue : en particulier pour ce qui touche l’approvisionnement en matières premières, dont des gaz (néon, hélium, argon, krypton, xénon) et des métaux (palladium, platine). Les entreprises opérant dans le domaine de l’efficacité énergétique en souffrent autant que les producteurs, même si elles devraient bénéficier d’un fort soutien étatique à travers la lutte engagée contre les passoires thermiques et la rénovation énergétique des bâtiments.

Les industries du solaire et de l’éolien devraient de leur côté largement bénéficier de cet environnement dans lequel le prix des énergies fossiles a explosé. Le solaire résidentiel a engrangé de nombreux nouveaux clients car les panneaux offrent désormais aux particuliers une électricité beaucoup moins chère que celle du réseau (et indexée sur les coûts de la production thermique). Certains installateurs mentionnent une économie pouvant aller jusqu’à 40% de la facture d’électricité.

Enfin, les producteurs indépendants d’électricité ou IPP (Independent Power Produce), constituent un potentiel à surveiller. Ils font office de valeur refuge, de la même manière qu’au début de la pandémie, lorsque la production d’énergie était considérée comme une industrie essentielle.

Des indicateurs à surveiller sur les mois à venir

La revalorisation du secteur va se poursuivre car la situation géopolitique vient encore accélérer la demande globale en énergies renouvelables. Les dirigeants des sociétés du secteur des IPP semblent confirmer un intérêt croissant des entreprises pour les accords d’achat long-terme d’électricité verte via des PPA (Power Purchase Agreement), qui permettent de s’approvisionner en électricité propre selon des prix fixés en amont et sécurisés par contrat. Ce type de contrat permet à l’acheteur de progresser dans son objectif d’atteinte de la neutralité carbone tout en le protégeant contre l’augmentation des prix de l’électricité. Il reste bien sûr des facteurs de risques.

Pour lutter contre l’augmentation de la facture des particuliers et des PME, certains gouvernements au sein de l’UE pourraient, à l’instar de l’Espagne l’année dernière, taxer les gains « indus » (windfall profits) des utilities quand ils sont liés à l’explosion du prix de l’électricité. Cependant, les carnets de commandes sont pleins et la vitesse d’implantation d’éoliennes offshore dans l’UE semble avoir augmenté depuis l’automne dernier.

Les investisseurs sont invités par la situation à réévaluer l’opportunité de nouvelles infrastructures de production d’électricité propre. Tous les feux sont au vert : il n’y aura pas de gaz naturel bon marché avant longtemps, les technologies de transition vers les énergies propres sont abordables tant pour les entreprises que pour les consommateurs, et la décarbonisation reste une urgence.

Martina Turner 15 mars

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