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L’Investissement Socialement Responsable

Aujourd’hui, les notations ESG (Environnement-Social-Gouvernance) se multiplient voire se contredisent. Censées guider l’investisseur, le consommateur et l’entreprise elle-même, elles créent de la confusion. Les tentatives du régulateur de rassurer les investisseurs et épargnants en créant des labels n’ont pas tout réglé.

Aujourd’hui, les notations ESG (Environnement-Social-Gouvernance) se multiplient voire se contredisent. Censées guider l’investisseur, le consommateur et l’entreprise elle-même, elles créent de la confusion. Les tentatives du régulateur de rassurer les investisseurs et épargnants en créant des labels n’ont pas tout réglé. Les ONG sont critiques : l’association Reclaim Finance considère par exemple que 96 % des fonds labellisés ISR financent les entreprises les plus néfastes pour le climat, les droits humains ou fabriquant des armes très controversées.

Les limites de la notation ont été étudiées par le chercheur américain Florian Berg dans une étude devenue fameuse, publiée en août 2019. Il en identifie plusieurs : la subjectivité de l’évaluateur, les divergences d’opinion entre agences et le manque de transparence dans la méthode d’agrégation de plusieurs centaines de critères pour aboutir à la note.

Pour qu’une notation ESG soit efficace et utilisable, le chercheur fait plusieurs recommandations : réduire le nombre de critères, d’autant que certains sont statistiquement redondants, se baser sur des données quantifiables et mesurables, dévoiler les données utilisées et le processus de notation.

Progressivement, la réglementation a renforcé les obligations de publication : la Loi Grenelle II impose une obligation de reporting RSE aux entreprises cotées en 2010, le fameux article 173 de Loi de Transition énergétique de 2016 un reporting des émissions de CO2 pour les investisseurs institutionnels. Ces lois enclenchent de nouveaux comportements, comme l’exclusion du charbon. Mais en laissant de la souplesse d’interprétation, elles n’ont pas su imposer toute la comparabilité et alimentent la confusion.

Accélérer le rythme, écrire un nouveau chapitre

Face à l’urgence climatique dont nous observons un peu plus les effets chaque jour, ces dispositions n’ont pas enclenché le changement systémique nécessaire. La COVID19 s’est chargée d’en accélérer le rythme, avec de lourds dégâts économiques et sociaux.

L’ISR doit accélérer le rythme et écrire un nouveau chapitre. Pour dépasser la tragédie des horizons, pointée par Mark Carney en 2015, une solution consiste à porter dès maintenant dans les comptes des entreprises les coûts extra-financiers de leur activité. Chez Axylia, nous proposons de calculer la « facture carbone », de convertir les tonnes d’émissions de CO2 en euros, sur la base des estimations du GIEC.

Chaque tonne de CO2 émise dégrade ainsi le résultat d’exploitation de l’entreprise, pour parvenir à un résultat « ajusté du carbone ». Instantané financier, cette « fiction comptable » permet de savoir dans quelle mesure le bénéfice de l’entreprise est dépendant de ses émissions de CO2. L’amplitude de l’ajustement détermine l’attribution d’un score carbone®, allant de A à F, sur le modèle du nutri-score qui a révolutionné le monde de l’agro-alimentaire.

Le climat nous impose sa logique quantitative de baisse des émissions de CO2. L’ISR doit se mettre au diapason et sortir de la notation qualitative pour enclencher le combat du « zéro émission de CO2 ». La tâche est immense, mettons nous tous au travail. A ce titre, la CNCEF Patrimoine suivra avec attention cette année, la refonte du Label ISR.

Vincent Auriac 8 avril

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