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Les marchés obligataires européens ne devraient pas être affectés par le résultat des élections allemandes

Le jeu de la coalition en Allemagne ressemble de plus en plus à un jeu de chaises musicales, si bien que toute forme de prédiction semble périlleuse. L’analyse de Ludovic Colin, Gérant de portefeuille sénior, chez Vontobel AM.

Les gens ont tendance à oublier que le nombre de sièges au Bundestag est variable : en fonction des résultats, le nombre de sièges pourrait aller jusqu’à 900 (contre 706 aujourd’hui). Les dernières estimations tablent sur un total de 759 sièges ; le SPD deviendrait ainsi le plus grand groupe au parlement. En termes d’options de coalition, une grande coalition (SPD/CDU/CSU) reste possible mais n’obtiendrait qu’une très faible majorité. Il est plus probable que la coalition compte trois partis ou plus, augmentant automatiquement le nombre de combinaisons possibles.

Si la CDU/CSU fait partie d’une grande coalition, il n’y aura pas de changement massif de la politique fiscale en Allemagne ou au sein de l’UE. La seule différence pourrait être que la CDU/CSU ne sera pas en mesure de revenir à une stricte orthodoxie fiscale en Allemagne aussi rapidement qu’elle l’aurait espéré. Si le SPD finit par l’emporter, il y aura probablement un changement radical de point de vue en termes de déficit fiscal, d’intégration européenne et de réformes écologiques. Il est toutefois difficile d’imaginer un changement aussi radical, et le résultat se situera quelque part au milieu.

Les Bunds resteront stables, mais l’augmentation des dépenses budgétaires pourrait faire bouger toutes les courbes de taux.

Même dans le cas improbable où l’Allemagne déciderait de changer d’orientation budgétaire, le pays reste en bien meilleure posture que la France. Aujourd’hui, il n’y a pas d’alternative en termes de valeur refuge dans les obligations d’État européennes. Par conséquent, les rendements des Bunds ne bougeront pas significativement par rapport à leurs voisins. Toutefois, une augmentation des dépenses budgétaires est susceptible d’avoir un impact marqué sur l’ensemble du bloc en déplaçant toutes les courbes de rendement et en déclenchant un mouvement d’attente de "reflation" en Europe. La BCE en serait plutôt satisfaite, car ses objectifs d’inflation seraient atteints plus rapidement, ce qui rendrait inutile le recours au QE.

Les obligations d’État européennes manquent d’attrait.

Les obligations d’État européennes semblent moins attrayantes à l’heure actuelle, car la croissance en Europe devrait surpasser celle du reste du monde d’ici la fin de l’année. La BCE sera alors plus à même de laisser les rendements grimper. Les résultats des élections allemandes ne modifieront pas le cours des choses et n’auront donc pas d’effets durables sur les marchés obligataires.

Les relations franco-allemandes dépendent de la réélection d’Emmanuel Macron l’année prochaine

Si le gouvernement allemand pivote vers la gauche, les vues d’Emmanuel Macron sur une Europe indépendante forte avec une plus grande intégration budgétaire pourraient recevoir plus de soutien et provoquer une forte convergence de vues ainsi qu’une accélération de la consolidation européenne. Cependant, rien ne changera, quelle que soit la composition du nouveau gouvernement allemand, avant que Macron ne remporte un second mandat l’année prochaine.

Ludovic Colin 21 septembre

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