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Marchés obligataires : secoués, mais pas désancrés.

L’un des secrets de James Bond, c’est que 007 crie rarement victoire trop tôt. Les “bond markets” (marchés obligataires), eux, n’ont pas toujours cette patience. Notre Graphique de la semaine compare les anticipations d’inflation des marchés pour les prochaines années à celles qu’ils intègrent à plus long terme.

L’un des secrets de James Bond, c’est que 007 crie rarement victoire trop tôt. Les “bond markets” (marchés obligataires), eux, n’ont pas toujours cette patience. Notre Graphique de la semaine compare les anticipations d’inflation des marchés pour les prochaines années à celles qu’ils intègrent à plus long terme. [1] Lorsque l’écart entre les anticipations longues et courtes devient négatif, cela signifie que les marchés voient davantage de risque inflationniste sur les cinq prochaines années que sur les cinq suivantes.

C’est précisément ce qui s’est produit depuis le choc iranien. Après l’escalade du conflit, les anticipations d’inflation à court terme déduites des prix de marché [2] ont fortement progressé. À l’inverse, les anticipations à plus long terme sont restées relativement sages. Autrement dit, les marchés semblent surtout intégrer un effet de transmission lié à l’énergie à court terme, plutôt qu’un changement durable dans la partie longue de la courbe des taux. Pour l’instant, la courbe est secouée à l’avant, mais pas ébranlée à l’arrière.

Les investisseurs peuvent-ils pour autant se rassurer en regardant les prix de marché actuels ? Pas forcément, si l’on se souvient de la flambée inflationniste de 2021-2022. À l’époque, les goulets d’étranglement post-pandémie faisaient déjà grimper les coûts avant que l’invasion de l’Ukraine par la Russie ne transforme un contexte inflationniste tendu en choc beaucoup plus large. L’avant de la courbe avait réagi en premier. L’erreur avait été de croire que le choc se dissiperait rapidement. Au contraire, il s’est propagé aux salaires, aux services et à la politique monétaire. La partie plus lointaine de la courbe ne s’est ajustée franchement que plus tard. Les banquiers centraux, contrairement aux spectateurs de cinéma, goûtent peu les fins à suspense. En période de crise, l’une des difficultés est que les tendances déjà à l’œuvre ne deviennent souvent évidentes qu’après coup. Les données récentes suggèrent que l’économie américaine était en meilleure santé que beaucoup d’investisseurs ne le pensaient en février. Cela contribue peut-être à expliquer le retour d’un calme relatif sur les marchés obligataires comme sur les marchés actions.

Comme le résume Christian Scherrmann, chef économiste États-Unis chez DWS : « L’avant de la courbe a bougé, mais le taux d’inflation à plus long terme est resté relativement stable. À ce stade, cela ressemble davantage à un choc énergétique qu’à une modification durable des anticipations d’inflation. » Jusqu’ici, la partie longue n’a donc pas réagi de la même façon. Mais les films de Bond regorgent de faux tournants. Le drame de marché actuel rappelle ainsi une scène culte de Goldfinger : lorsque le laser se rapproche de 007, la menace immédiate ne fait aucun doute ; qu’elle devienne fatale dépend de ce qui suit. Il en va de même aujourd’hui. La première réaction du marché est nette. Reste à savoir si elle restera contenue.

Courbe d’inflation américaine : l’avant de la courbe secoué Sources : Bloomberg Finance L.P., DWS Investment GmbH, au 22/04/2026

* écart entre la mesure d’inflation anticipée à 5 ans dans 5 ans (5y5y) aux États-Unis et le swap d’inflation zéro coupon à 5 ans (au comptant).

Christian Scherrmann , DWS 27 avril

Notes

[1] Specifically, we are comparing the U.S. five-year, five-year forward rate with the spot five-year zero-coupon inflation swap

[2] As indicated by the five-year zero-coupon inflation swap

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