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Un environnement toujours propice aux opportunités sur les marchés actions mais un appétit pour le risque modéré à court terme

Dans un contexte de reprise soutenue de la conjoncture et de risque de repentification de la courbe des taux, les marchés obligataires exposent les investisseurs au risque de taux mais continueront d’offrir des opportunités de rendement sur les segments plus risqués.

Sur les marchés actions, les fondamentaux restent très solides et soutiennent une vue stratégique constructive. Le climat actuel d’euphorie incite à une certaine prudence tactique. Les titres « Value » (valeurs décotées) et cycliques ont consolidé à court terme mais n’ont pas épuisé leur potentiel de rebond.

Après plusieurs mois de hausse sur les marchés, quelles perspectives attendre au second semestre ? Sur le plan conjoncturel, le dernier trimestre a été marqué par le rattrapage spectaculaire de l’Europe lié en partie au succès des campagnes de vaccination (40% de la population vaccinée contre 24% il y a un mois seulement). Alors que la reprise de l’activité manufacturière se stabilise à des niveaux records, la réouverture des économies permet aux activités de service de rattraper leur retard. Depuis la mi-avril, l’amélioration de la confiance est visible en zone euro et devrait se poursuivre d’ici la fin de l’année.

Ce retour de la croissance est à mettre en parallèle avec celui de l’inflation. Aux Etats-Unis, les chiffres de l’inflation en mai ont surpris par leur vigueur (+5% contre 4,7% attendu), ravivant les débats autour d’un possible retour d’un cycle inflationniste soutenu. « Pour autant, au-delà des effets de base, la hausse des prix peut s’expliquer par des facteurs transitoires : goulots d’étranglement, flambée des prix des matières premières et du prix des voitures d’occasion. Il est donc difficile à ce stade de tirer des conclusions hâtives sur le retour ou non de l’inflation » relève Vincent Manuel, Directeur des Investissements du groupe Indosuez Wealth Management. Les plans de relance aux Etats-Unis ont creusé les déficits budgétaires et la dette publique. Le risque de surchauffe existe avec un budget fédéral supérieur à 25% du PIB américain.

La BCE n’est pas pressée de « normaliser » sa politique monétaire

Or, la Réserve fédérale a toujours prévenu les marchés qu’elle sortirait des politiques accommodantes quand l’économie retrouverait sa vitesse de croisière après le choc de la crise de la Covid-19. La Fed a donc annoncé, mercredi 16 juin, un probable relèvement des taux à l’horizon 2023 alors que le plein emploi devrait être atteint à cet horizon avec une inflation qui pourrait être autour de son objectif de 2% à cette date. Outre le relèvement des taux, la Fed va devoir également piloter la réduction de ses achats d’actifs (« tapering »). « De son côté, la BCE doit faire face à un environnement légèrement différent avec des taux de dépôt en territoire négatif, une inflation qui devrait rester inférieure à son objectif de 2% en 2022 et des taux à court terme qui ne devraient pas revenir en territoire positif avant cinq ans ! » précise Delphine Di Pizio-Tiger, Directeur Général d’Indosuez Gestion, la société de gestion d’Indosuez en France. L’Institution de Francfort devrait ainsi mettre plus de temps que la Fed à « normaliser » sa politique. La diminution des achats d’actifs par l’Institution de Francfort comporte un risque, notamment pour les pays « périphériques » de la zone euro qui pourraient pâtir d’une hausse des taux en relatif à l’Allemagne, même si le programme d’émission d’Eurobonds pourrait limiter ce risque.

« Dans un environnement de taux bas et de spread de crédit (écart entre le taux émetteur entreprise et le taux d’Etat) également proche des plus bas historiques, le marché des obligations d’entreprises est vulnérable à une poursuite de la hausse des taux sans risque. Par conséquent, il est nécessaire de maintenir un niveau modéré de duration au sein des portefeuilles obligataires » explique Sébastien Fillaut, Directeur Général de CFM Indosuez Gestion, la société de gestion d’Indosuez à Monaco. A noter que les taux de défaut des entreprises devraient retrouver des niveaux faibles. Si le risque de taux est donc à prendre en compte dans les stratégies, les investisseurs obligataires ne doivent pas hésiter à aller chercher des opportunités de rendement sur des segments plus risqués : High Yield en euros ou en dollars, dettes subordonnées (Financières & Corporate Hybrides) en euros ou obligations émergentes (principalement en Asie) en dollars. Les marchés émergents gardent un potentiel de croissance attractif à saisir.

Marchés actions : une dynamique soutenue par les bonnes surprises des résultats au T1

Du côté des marchés actions, après plusieurs mois de forte hausse et de rattrapage, les multiples de valorisation sont supérieurs aux moyennes historiques. L’écart de valorisation entre les marchés américain et européen s’explique principalement par la différence de répartition sectorielle, avec des niveaux de valorisation assez comparables à iso-secteur, et des niveaux de valorisation encore très polarisés entre valeurs de croissance et valeurs « Value ». Si les actions « Value » et cycliques ont connu un retour en grâce assez remarqué depuis le quatrième trimestre 2020, leur potentiel de rattrapage n’est toutefois pas terminé alors qu’elles ont largement sous-performé le marché depuis 2012. Les dynamiques bénéficiaires demeurent puissantes. Au premier trimestre, 86% des entreprises du S&P 500 ont publié des résultats meilleurs que prévu. Les investisseurs s’attendent également à une très bonne saison de résultat au 2e trimestre avec un relèvement des objectifs annuels par bon nombre d’entreprises.

Par conséquent, il faut relever que la croissance mondiale des BPA (bénéfices par action) devrait atteindre 35% sur l’ensemble de l’année 2021 ! En Europe, cette dynamique des résultats a soutenu les marchés sans que les multiples de valorisation ne progressent significativement.

« A court terme, une certaine prudence tactique s’impose, notamment au regard de l’engouement de certains investisseurs pour des valeurs technologiques non profitables, mais nous pensons qu’il convient de rester positionnés sur les valeurs offrant un fort « pricing power » et qui profitent de la reprise alors qu’il est encore trop tôt pour revenir sur les valeurs défensives » estime Julien Descombes, Head of Investment Management d’Indosuez en Suisse.

Next Finance 6 juillet

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