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2022, un millésime tannique

Un adage boursier prétend que le comportement des marchés financiers en janvier est un condensé de l’année qui s’annonce.

L’impulsion est venue du Nasdaq. En trois semaines, l’indice américain a chuté de 16% avant de reprendre 9% en quelques séances. Fin janvier, 55% des valeurs du Nasdaq avaient baissé de plus de 50% par rapport à leur cours le plus haut atteint depuis un an. Précisons cependant que l’ensemble de ces valeurs ne représente que 8% de la capitalisation du Nasdaq.

En décidant de cesser sa politique monétaire très accommodante, la FED a déclenché un brutal recentrage vers deux notions qui avaient été un peu mises à l’écart depuis 18 mois, notamment chez les investisseurs séduits par les cryptomonnaies et parmi les adeptes des actifs non cotés, la rentabilité et la valorisation. Les valeurs qui présentaient des marges trop faibles et/ou des multiples de valorisation trop élevés, ont subi un brusque réajustement de leur cours.

Ce mouvement s’est ensuite propagé à l’ensemble des bourses et plus spécifiquement à la catégorie des « actions de croissance ». Le secteur le plus affecté fut la technologie qui, ainsi au sein de l’indice européen le plus large, le Stoxx Europe 600, baissa de 12%. À l’inverse, les banques, favorisées par la perspective d’une remontée des taux longs, progressaient de 8%.

Après deux à trois semaines dans la même direction, la gestion algorithmique est intervenue à nouveau et les excès ont donné lieu à des prises de positions inverses, déclenchant un rebond brutal. Ces changements de tendance reflètent une grande nervosité des investisseurs qui demeurent incapables de prévoir le nombre et l’ampleur des interventions des banques centrales. La FED, comme la BCE, admet qu’elle ne peut fournir qu’une orientation préalable qui sera calibrée, le moment venu, en fonction des dernières données économiques connues.

Aujourd’hui, il est clair que la FED souhaite remonter ses taux directeurs pour lutter contre l’inflation. En revanche, il est également clair qu’elle veut éviter d’asphyxier la croissance. Si la pandémie prenait fin, l’inflation liée à la crise du Covid s’estomperait fortement et la FED n’aurait plus motif à agir. La complexité de la situation vient du fait qu’on est en présence de trois variables qui sont liées et dont personne ne connaît vraiment le profil à venir. Toute nouvelle statistique économique modifie la compréhension du scénario d’ensemble et peut suggérer une nouvelle tournure des événements. La panoplie des éventualités est très large, elle va du pire au meilleur.

Poursuite de la pandémie du fait de l’apparition de nouveaux variants ou retour à des conditions de vie normales … niveau d’inflation élevé maintenu du fait d’une hausse qui s’empare des salaires et persiste dans l’énergie ou retour d’une inflation à un niveau idéal autour de 2%… croissance affaiblie du fait d’un pouvoir d’achat entamé par l’inflation ou retour vers une croissance normalisée ?

Le panorama s’est encore détérioré avec l’apparition de fortes tensions en Ukraine où l’éventualité du franchissement de la frontière par les troupes russes est une hypothèse entretenue avec soin par un gouvernement ukrainien dont l’économie nationale est exsangue, le lobby militaro industriel américain et les pays à l’est de l’Europe, toujours désireux de renforcer le déploiement défensif de l’OTAN face à l’ours russe. L’impossibilité de prévoir, ne serait-ce qu’une direction, conduit les intervenants à sanctionner sans retenue la moindre déception de résultats ou la moindre réserve sur les perspectives pour 2022.

Ce manque de visibilité, à l’origine d’une forte volatilité et de performances boursières très contrastées, devrait se maintenir sur 2022. La compréhension du contexte macro-économique, des intérêts politiques nationaux, des paramètres déterminants qui permettront à une entreprise de franchir au mieux la période compliquée qui se profile, sont autant de métriques à appréhender avec justesse.

L’expérience et la mobilité offrent à Optigestion deux atouts appréciables.

Jacques de Panisse Passis 11 février

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