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AXA s’engage à ne plus assurer la déforestation d’ici 2024

AXA vient de publier une nouvelle politique visant à lutter contre la déforestation et la conversion des écosystèmes. AXA entend ainsi répondre à un double défi, celui de la protection du climat et de la biodiversité.

Parmi les secteurs couverts se trouvent le soja dont la production est une cause majeure de déforestation.

Reclaim Finance, Canopée Forêts Vivantes, SumOfUs et Mighty Earth accueillent favorablement ces annonces qui vont un peu plus loin que celles de BNP Paribas, mais appellent le géant de l’assurance a réhausser son ambition.

AXA s’engage aussi à ne plus assurer l’expansion pétro-gazière dans les principales réserves de biodiversité identifiées par l’Unesco, une goutte d’eau par rapport aux impératifs scientifiques et conclusions de l’AIE.

AXA annonce une série de mesures combinant des stratégies d’engagement et d’exclusion des entreprises actives dans le secteur de l’huile de palme, le bois, l’élevage et le soja [1].

Quand certaines entreprises se voient exclues immédiatement du portefeuille d’investissement et d’assurance, d’autres se voient donner un ultimatum pour répondre aux demandes de l’assureur. C’est le cas des négociants de soja qui ont au plus tard jusqu’à fin 2023 pour ne plus acheminer du soja produit sur des sols convertis ou déforestés après la date du 1er janvier 2020 [2]. Les négociants qui ne satisferont pas ces demandes seront désinvestis [3] et ne pourront renouveler leurs contrats d’assurance liées au fret de soja en 2024.

Klervi Le Guenic, de Canopée explique : “AXA, contrairement à BNP, a bien compris l’importance de mesures concrètes : exclure les négociants responsables de déforestation. Bien que l’échéancier d’application soit encore trop lointain, c’est un pas dans la bonne direction qui doit être suivi par les autres acteurs financiers.”

La culture du soja au Cerrado au Brésil est un des principaux facteurs de déforestation dans le monde. Le Cerrado est aujourd’hui l’un des écosystèmes les plus menacés de la planète : 50 % de sa superficie initiale a déjà été détruite. Sa disparition serait un désastre pour le climat et la biodiversité alors qu’il stocke l’équivalent de 13,7 milliards de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) et abrite 5% de la biodiversité mondiale [4].

Sont notamment concernés les négociants de soja comme Cargill, Bunge, ADM et Louis Dreyfus, qui acheminent le soja cultivé dans le Cerrado vers les marchés internationaux [5].

“Plus de 230 000 personnes se mobilisent pour demander à BNP et d’autres acteurs financiers d’arrêter de financer la déforestation [6]. C’est en effet le soutien financier d’acteurs majeurs comme AXA qui permet aux industriels du soja, comme Cargill, de poursuivre leurs pratiques destructrices. Nous appelons l’ensemble des acteurs financiers à cesser de financer le chaos climatique en excluant dès maintenant les négociants qui acheminent du soja issu de sols déforestés et à respecter dans les plus brefs délais la cut-off date du premier janvier 2020”, déclare Leyla Larbi, chargée de campagnes chez SumOfUs.

AXA s’engage aussi à restreindre fortement ses couvertures d’assurance pour des nouveaux projets miniers, énergétiques et d’infrastructures qui impacteraient des sites classés au Patrimoine mondial de l’Unesco [7]. Cela comprend notamment les projets pétroliers et gaziers. Cependant, il ne s’agit pas d’une exclusion stricte et des exceptions sont autorisées, y compris pour des nouveaux projets, en cas de déploiement de projets de compensation ou mesures d’atténuation.

“C’est un premier pas très timoré face à l’urgence climatique. L’AIE a réaffirmé hier dans son World Energy Outlook que l’atteinte de la neutralité carbone, objectif porté par AXA qui est le chef de la Net-Zero Insurance Alliance (NZIA), nécessite de ne plus ouvrir de nouveaux champs pétroliers et gaziers [8]. Le géant de l’assurance doit faire bien plus que ça s’il entend être crédible sur la question climatique lors du Climate Finance Day le 26 octobre 2021”, déclare Lucie Pinson, directrice générale de Reclaim Finance.

Next Finance 18 octobre

Notes

[1] Voir la politique d’AXA

[2] Cette date fait référence au concept de "cut-off date", une date après laquelle aucune conversion directe ou indirecte pour le soja n’est autorisée et qui ne devrait pas être postérieure au 1er janvier 2020 pour toutes les zones situées en dehors de l’Amazonie, conformément à l’initiative "Accountability Framework".

[3] La politique couvre les fonds propres et les actifs en unités de compte (“unit-linked assets” en anglais). Les actions seront vendues dès la décision d’exclusion et les obligations seront gardées jusqu’à maturité.

[4] Voir notre rapport “Soja et déforestation : les acteurs financiers ne doivent plus être complices” publié avec Canopée Forêts Vivantes, SumOfUs et Mighty Earth en novembre 2020.

[5] Bunge, Cargill, ADM, Louis Dreyfus, Amaggi, et COFCO concentrent 66% du risque de déforestation.

[6] Voir la pétition adressée à BNP Paribas en février 2021 et la pétition adressée à BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et BPCE en septembre 2021.

[7] AXA rejoint l’initiative « World Heritage Sites », lancée par les « United Nations Principles for Sustainable Insurance » et le WWF. Cependant, la politique comprend des exceptions en cas de compensation écologique, un terme très générique qui ne permet pas d’en garantir l’ambition.

[8] Voir le communiqué de presse “World Energy Outlook : la finance française loin de répondre aux conclusions de l’AIE”

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