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COP26 : Le rendez-vous de la dernière chance ?

Six ans après l’Accord de Paris, la 26e Conférence des Parties (COP26) des Nations Unies se tiendra du 1er au 12 novembre à Glasgow en Ecosse. Les dirigeants du monde entier se retrouvent après des mois de pandémie, et le report d’un an de la COP26, pour intensifier la lutte contre le réchauffement climatique.

Jean-Philippe Desmartin, Directeur de l’Investissement Responsable chez Edmond de Rothschild Asset Management, estime qu’il n’est pas trop tard pour tenir l’engagement pris en 2015.

DRESSER LE BILAN DE LA COP21

La COP26 ne représente pas la dernière chance mais bien une étape clé pour atteindre collectivement l’objectif de l’Accord de Paris, à savoir limiter le réchauffement climatique à 2°C ou moins, de préférence à 1,5°C.

Cela passe d’abord par deux priorités :

  • Une bonne visibilité, voire une amélioration des engagements nationaux des pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre (Chine, Etats-Unis, Inde, Japon, ou encore les pays européens). Cela est loin d’être gagné à quelques jours de l’ouverture de la conférence ;
  • La dotation complète et régulière du fonds de 100 milliards de dollars par an alimenté par les pays riches en faveur des pays les plus pauvres, pour les aider à financer leur transition énergétique et environnementale, conformément à l’engagement pris lors de la COP21. En pratique, nous sommes plutôt proches de 80% avec une visibilité trop régulièrement questionnée.

La bonne nouvelle est que malgré l’ère Trump, l’ensemble du navire a tenu bon. Par ailleurs, l’ensemble des dirigeants a bien compris que le contexte de pandémie et de sa sortie ne change rien à l’urgence climatique.

AGIR VITE ET FORT

Deux rapports récents, l’un produit par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) en mai dernier et le second cet été par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), soulignent l’ampleur et l’urgence du défi à relever. Le réchauffement climatique s’établit d’ores et déjà à +1°C pour les cent prochaines années, quelles que soient les mesures qui seront mises en place à l’avenir. Si nous voulons tenir l’objectif d’un réchauffement climatique limité à +1.5°C, une révolution énergétique, et non plus une simple transition, doit s’opérer.

Le dernier scénario central mis en lumière par les experts de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique fait état d’une hausse de la température à la surface du globe de +2.7°C en cas d’inaction de la part des différents pays les plus émetteurs de CO2. Il n’est pas trop tard pour modifier cette trajectoire, en gardant à l’esprit qu’un réchauffement de +1.8°C ou bien de +3°C ne se traduira pas du tout par les mêmes effets concrets. Il est donc impératif d’agir vite et fort.

Enfin, « there is an elephant in the room ». Un trou béant demeure, celui de la mise en place d’un prix du carbone au niveau mondial, un signal prix carbone essentiel demandé depuis des années et qui n’a malheureusement pas pu faire partie de l’Accord de Paris. Le sujet est un serpent de mer. On peut d’ores et déjà anticiper que la COP26 restera malheureusement globalement muette, orpheline sur ce sujet clé et accélérateur.

UNE FEUILLE DE ROUTE CLIMAT ROBUSTE

La lutte contre le réchauffement climatique s’inscrit au cœur de nos priorités et de notre modèle propriétaire ESG baptisé EDR BUILD, lancé il y a plus de 10 ans. Dès 2015, nous nous sommes engagés dans la publication de l’empreinte carbone de nos investissements. De plus, nous avons considérablement renforcé nos capacités d’analyse de données au cours des deux dernières années.

Notre feuille de route climat, formalisée fin 2017 en s’appuyant sur le référentiel TCFD [1] et le scénario Développement durable de l’AIE, a été mise à jour début 2020 et le sera à nouveau début 2022. Elle soutient notre politique de dialogue et d’engagement climat qui se concentre en pratique sur quelques dizaines d’entreprises européennes.

Par ailleurs, nous réduisons nos investissements dans les secteurs à risques élevés (exclusion du charbon thermique par exemple, politique pétrole et gaz en cours de finalisation) et augmentons nos investissements dans les entreprises offrant des solutions (efficacité énergétique, énergies renouvelables). Enfin, nous étudions de près ce que signifie concrètement de s’engager sur une trajectoire Net Zéro 2050 en tant qu’investisseur, à travers des actions concrètes.

Jean-Philippe Desmartin 26 octobre

Notes

[1] Groupe de travail sur les informations financières liées au climat (Task force on Climate-related Financial Disclosures – TCFD).

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