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Entre croissance et inflation : une année 2022 incertaine mais au potentiel positif

L’année 2021 s’achève sur une résurgence brusque de la pandémie du coronavirus qui nous affecte depuis plus de deux ans. Le variant Omicron, plus contagieux mais probablement moins dangereux, pourrait tout au plus décaler notre scénario 2022, mais pas le changer.

Si on part de l’hypothèse d’une moindre gravité d’Omicron, la recrudescence actuelle des contaminations ne débouchera pas sur une courbe identique des hospitalisations et des réanimations. C’est ce que semblent suggérer les exemples de l’Afrique du Sud et du Royaume Uni, parmi les premiers touchés par cette mutation du virus. Bien entendu nous ne pouvons à ce stade que bâtir des hypothèses face à une pandémie qui garde sa part de mystère.

Plusieurs problèmes de court terme doivent toutefois être traités. Tout d’abord, cette multiplication des cas entraîne une désorganisation de nos sociétés, susceptible d’affecter encore davantage la continuité des chaînes de production. Cela pourrait affaiblir l’activité économique mondiale au premier trimestre, mais de façon marginale et provisoire selon nous. La croissance mondiale en 2022 devrait rester robuste, conformément à nos hypothèses déjà exprimées. Les conséquences de cette désorganisation sur l’inflation, directement dépendante du coût de l’offre, sont potentiellement plus inquiétantes dans un contexte déjà tendu. Par exemple, si la Chine, fidèle à sa politique zéro covid, venait à reconfiner des villes ou des régions entières, les effets à court terme seraient importants sur le commerce mondial et sur les chaînes d’approvisionnement. Sur le front de l’inflation la récente baisse du prix du gaz et de l’électricité est en revanche un soulagement.

Les Banques Centrales ne peuvent trop fortement réagir tant que la crise sanitaire est à ce point prégnante. Mais elles ont récemment manifesté leur volonté de contrecarrer la dérive inflationniste et devront certainement évoluer dans les prochains mois pour y faire face. Cette évolution des politiques monétaires sera certainement un des grands thèmes 2022 à prendre en compte dans nos politiques d’investissement.

Notre scénario 2022 est donc le suivant : une croissance économique mondiale solide, tirée notamment par la consommation liée à une épargne abondante, une inflation déclinante mais toujours supérieure à l’objectif des Banques Centrales, et des politiques monétaires progressivement moins accommodantes. C’est un scénario globalement défavorable aux obligations gouvernementales que nous éviterons, en nous concentrant sur des obligations d’entreprises à duration courte, essentiellement dans une logique de portage. Nous pourrons aussi aller chercher du rendement sur certaines obligations émergentes.

Ce scénario est en revanche toujours favorable aux placements actions, même si la volatilité devrait sensiblement s’accroître au cours des prochains mois. La croissance bénéficiaire des entreprises en 2021 a plus que compensé la hausse des indices, de sorte que les actions sont aujourd’hui globalement moins chères qu’il y a un an. Dans le contexte d’un retour d’une inflation plus durable qu’escompté, il faudra se concentrer sur les sociétés bénéficiant d’un pricing power leur permettant d’absorber sans trop de dommages la hausse des coûts. 2022 pourrait être aussi l’occasion pour le marché chinois de retrouver quelques couleurs, le gouvernement souhaitant accompagner un atterrissage en douceur de l’économie. Enfin, le dollar devrait bénéficier du décalage des politiques monétaires entre les Etats-Unis et l’Europe.

Les décisions des Banques Centrales pourront ponctuellement affecter les marchés actions, surtout si elles prennent les investisseurs par surprise. Nous pensons que les institutions monétaires feront un travail préparatoire précis et important pour éviter autant que faire se peut ces à-coups de marchés.

Pandémie, croissance, inflation, taux d’intérêt, autant de paramètres avec lesquels nous attaquons une année incertaine, mais que nous envisageons positive. Nous vous la souhaitons en tout cas la plus sereine et agréable possible.

Emmanuel Auboyneau 7 janvier

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