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Gregory Schneider-Maunoury : « Nous venons de lancer un fonds d’obligations vertes conçu comme un outil de décarbonisation »

Selon Gregory Schneider-Maunoury, responsable de l’analyse ISR chez Humanis, l’approche ISR améliore le couple rendement/risque, en réduisant notamment son dénominateur grâce à une volatilité moindre…

Next-Finance : Pourquoi avoir signé les PRI et le Global Investors Statement on Climate Change ? En quoi cela vous engage ?

Gregory Schneider-Maunoury : Humanis est le premier groupe paritaire à avoir signé les PRI (Principes pour l’Investissement Responsable) depuis 2010. Les PRI nous engagent. L’ISR est un moyen de faire vivre, à travers notre politique d’investissement, les valeurs du groupe : ambition, partage et engagement. C’est en 2014 que nous avons signé le Global Investor Statement on Climate Change, prise de position mondiale des investisseurs sur le changement climatique. Concrètement, cette démarche engagée nous avait conduit à initier en 2012 un contact spécifique avec 9 sociétés françaises de taille petite et moyenne et a conduit 5 de ces entreprises à répondre au Carbon Disclosure Project (CDP).

Nous sommes le 1er groupe paritaire à avoir décidé de mesurer notre empreinte carbone.
Gregory Schneider-Maunoury, responsable de l’analyse ISR chez Humanis

Comment comptez-vous réduire l’empreinte carbone de son portefeuille ? Avez-vous une approche « best in class » ou plutôt une approche d’exclusion éventuellement de tout un secteur ?

Pour commencer, je vous rappelle que nous sommes le 1er groupe paritaire à avoir décidé de mesurer notre empreinte carbone. Afin de la réduire, nous venons de lancer un fonds d’obligations vertes conçu comme un outil de décarbonisation. En termes d’approche, dans notre gestion ISR, nous privilégions la méthode « best in class » mais cela ne nous empêche pas pour autant de réfléchir à la façon d’exclure de nos portefeuilles certaines entreprises dans les secteurs d’activité les plus émetteurs ou de privilégier certains secteurs. Investir c’est choisir.

Quid de la performance des investissements ISR versus les investissements classiques ?

Nous considérons que l’approche ISR améliore le couple rendement/risque, en réduisant notamment son dénominateur grâce à une volatilité moindre.

En terme d’allocation obligataire, certains institutionnels comptent investir jusqu’à 10% de leur portefeuille dans des obligations vertes. Quelles sont vos intentions à ce sujet, les montants encours déjà investis ? Cela inclut-il éventuellement des investissements indirects, dans des fonds obligataires « verts » ou seulement via des investissements en direct sur des émissions vertes de entreprises et institutions supranationales ?

Nous venons d’annoncer le lancement d’un fonds obligations vertes, doté d’un encours initial de 30 millions d’euros, ce qui relativement important par rapport à la concurrence, le plus gros fonds français étant doté de 60 millions d’euros. En termes d’allocation, la barre des 10 % nous permet irréaliste à l’heure actuelle mais envisageable d’ici 5 ans, que ce soit à travers des investissements directs ou indirects.

Nous venons d’annoncer le lancement d’un fonds obligations vertes, doté d’un encours initial de 30 millions d’euros, ce qui relativement important par rapport à la concurrence, le plus gros fonds français étant doté de 60 millions d’euros.
Gregory Schneider-Maunoury, responsable de l’analyse ISR chez Humanis

Comment être sûr que l’argent investi via les obligations vertes sera correctement alloué par la société émettrice de l’obligation ?

C’est la troisième des quatre conditions constitutives d’une obligation verte, telle que définie par les Green Bonds Principles : une vérification est effectuée par un auditeur, chargé de contrôler que l’allocation des fonds est bien investie dans les projets d’investissement décrits dans le prospectus des différentes obligations vertes. Humanis Gestion d’Actifs est signataire des Green Bonds Principles, dont nous utilisons les quatre conditions comme critères de sélection des obligations vertes dans lesquelles nous investissons.

Calpers et 7 autres investisseurs institutionnels ont travaillé au lancement d’un indice mondial de développement durable pour les investissements en infrastructure. Est-ce selon vous un développement intéressant pour cette classe d’actifs ?

Oui pour les investisseurs ayant un volume d’investissement monde suffisamment important pour l’investir mondialement.

Pensez-vous qu’à l’avenir, les benchmark de la gestion institutionnelle pourraient évoluer vers des benchmarks tenant compte des critères extra financiers ?

Pour l’instant, les benchmarks dits de développement durable restent très proches des indices classiques, en termes de performance. Il nous semble donc intéressant de mener une réflexion au-delà des seuls objectifs de rentabilité financière.

Comment percevez-vous l’innovation en matières d’indices / fonds décarbonnés, ISR ou fonds ? Répond-elle à vos attentes ? Quels seraient les axes à améliorer ?

Il semble nécessaire de distinguer clairement les objectifs sociaux et environnementaux que l’on cherche à atteindre. C’est en tout cas ce que Humanis Gestion d’Actifs a élaboré avec son fonds obligations vertes.

Paul Monthe , RF Octobre 2015

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