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La fin du discours « tina »

En janvier, l’indice des prix à la consommation (IPC) aux Etats-Unis a progressé à un rythme inédit depuis quatre décennies – 7,5% en glissement annuel. Au-delà du variant Omicron et des perturbations des chaînes d’approvisionnement, la « demande excédentaire » contribue dans une certaine mesure à ces pressions inflationnistes.

LA FIN DU DISCOURS « TINA »

Mais cette demande devrait progressivement s’éroder avec la fin des aides budgétaires liées à la pandémie. L’envolée de l’inflation augmente néanmoins le risque d’une hausse de 50 pb des taux directeurs de la Réserve fédérale en mars, dans un contexte de pressions généralisées sur les prix. Les marchés obligataires et boursiers américains ont dès lors subi une correction, le rendement du bon du Trésor à 10 ans ayant temporairement dépassé 2%, son niveau le plus élevé depuis 2019. De manière encore plus frappante, le taux des bons du Trésor à deux ans a bondi de 25 pb la semaine dernière, soit sa plus forte progression hebdomadaire depuis 2008. L’aplatissement de la courbe des taux (qui s’est même inversée selon certains indicateurs) suggère que les marchés restent préoccupés par l’éventualité d’une erreur de politique. Du même coup, l’univers des obligations à rendement négatif s’est réduit des deux tiers. Nous conservons une position short sur la duration, mais sommes en quête d’opportunités d’achat dans les échéances de trois à sept ans.

Sur le front des banques centrales, la présidente et le chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE) ont mis en garde contre un relèvement « hâtif » des taux d’intérêt, soulignant les différences entre la zone euro et les Etats-Unis. Il existe pourtant des arguments fondamentaux en faveur d’une hausse des taux de la BCE au second semestre 2022. Ailleurs, le crédit montre des signes de reprise en Chine, grâce à la baisse des taux et au volume des émissions obligataires organisées par les gouvernements locaux. Ce facteur reste certes insuffisant pour favoriser un rebond économique, car la demande de crédit des ménages demeure négative. Mais il confirme que le cycle monétaire de la Chine est aux antipodes de celui des Etats-Unis, ce qui justifie notre opinion positive sur les obligations souveraines chinoises. D’autre part, la liste des entreprises chinoises interdites aux investisseurs américains par l’administration Biden s’est élargie pour englober la santé, y compris les acteurs privés du secteur. La semaine dernière, les autorités américaines ont annoncé la saisie de 3,6 milliards de dollars de bitcoins volés en 2016, soit la plus importante saisie financière jamais réalisée.

Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé un projet visant à construire 14 nouveaux réacteurs nucléaires au cours des prochaines décennies, dans le cadre d’une stratégie visant à atteindre l’objectif « zéro émissions nettes ». Cette progression de l’énergie nucléaire était un thème central des perspectives que nous avions définies pour 2022. La France cherchera également à décupler sa capacité en termes d’énergie solaire d’ici 2050, tout en construisant 50 parcs éoliens en mer. Dans le même temps, des nouvelles mitigées continuent d’arriver de Russie/d’Ukraine, les initiatives menées par la France et l’Allemagne permettant au mieux de gagner du temps, tandis que les Etats-Unis restent intransigeants. Enfin, les résultats trimestriels continuent de révéler d’importantes divergences entre les entreprises qui dépassent leurs anticipations et les autres. Cet environnement devrait favoriser les gérants actifs.

Cesar Perez Ruiz 18 février

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