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La guerre éclate en Ukraine

L’action militaire lancée par la Russie en Ukraine a ébranlé les marchés financiers mondiaux à la fin du mois de février. Malgré le peu de fiabilité quant aux détails de la progression militaire, l’avancée de la Russie semble néanmoins avoir rencontré plus de résistance que prévu.

Les contre-mesures prises par les pays occidentaux ont été lentes au départ, mais à l’heure où nous écrivons ces lignes, le 4 mars, les pays occidentaux imposent rapidement de nouvelles sanctions, en se concentrant particulièrement sur les domaines susceptibles d’avoir un impact significatif sur l’économie russe. Pour autant, une résolution rapide de la crise semble peu probable, car la Russie répond aux sanctions et à la résistance par des actions plus fortes encore. Même si la situation en Ukraine devait se calmer, il y aura de profondes conséquences sur les relations entre la Russie et le monde occidental.

On peut s’attendre à ce que l’instabilité géopolitique ait un impact sur les performances des marchés financiers, générant une fragilité et entrainant de la volatilité sur les marchés actions, sur l’obligataire, les marchés de devises et les matières premières. En outre, les sanctions et contre-sanctions affecteront aussi indirectement les conditions d’exploitation dans de nombreuses industries. L’industrie financière, la production d’énergie et de matières premières, le transport et la logistique, ainsi que les produits de luxe sont les plus susceptibles d’être affectés. La hausse des prix de l’énergie et des matières premières aura également un effet inflationniste. Par ailleurs, l’incertitude politique mondiale persistante renforcera la prudence des consommateurs et des entreprises, et affaiblira les perspectives de croissance.

Un scénario négatif verrait la crise s’intensifier au-delà des frontières ukrainiennes, entraînant une longue période d’instabilité. Toutefois, l’impact des crises et des conflits sur l’économie et les marchés mondiaux est resté marginal au cours du siècle dernier. Dans un scénario optimiste, l’apaisement de la situation en Ukraine signifierait que la tendance à la croissance économique mondiale alimentée par la demande se poursuivrait.

Les réactions du marché ont été limitées

Le lancement de l’action militaire a ébranlé les marchés boursiers, mais ceux-ci se sont rapidement redressés, la première vague de sanctions étant restée modérée. Toutefois, les pays occidentaux ont accentué la pression le dernier week-end de février en limitant les transactions monétaires de la Russie dans le système de paiement Swift, en fermant leur espace aérien aux avions russes et en interdisant les exportations de composants techniques. La conséquence, notamment sur le marché des changes, a été la chute du rouble. Sur les autres marchés, les mouvements sont restés mineurs, la prudence restant néanmoins de mise.

Globalement, le mois de février a été négatif pour le marché des actions. En Finlande, l’indice OMX Helsinki 25 a chuté de près de 8 %, l’indice nordique OMX 40 et l’indice américain S&P 500 de 4 %, l’indice européen Stoxx de 3 %, l’indice générique des économies émergentes de 2,5 % et l’indice Topix du Japon de 0,5 %. Les taux d’intérêt ont quelque peu diminué. Le rendement des obligations d’État allemandes à 10 ans est passé du niveau record de 0,31 % à 0,16 %. Les taux d’intérêt à court terme ont également baissé, les marchés évaluant l’impact de la situation en Ukraine sur la politique monétaire. Le rendement des obligations d’État allemandes à deux ans est passé de -0,25 % à -0,58 %. L’euro s’est légèrement affaibli par rapport au dollar et a terminé à un niveau de 1,12.

De bonnes performances économiques éclipsées par les événements en Ukraine

Les données économiques publiées en février ont été globalement meilleures qu’attendues. Aux États-Unis, les indices ISM, qui reflètent la confiance des entreprises dans l’industrie manufacturière et les services, ont diminué moins que prévu, et les ventes au détail et la production industrielle ont été étonnamment fortes. Selon les enquêtes réalisées avant la crise ukrainienne, les attentes étaient encore élevées également dans la zone euro. Toutefois, l’inflation est restée à un niveau excessivement élevé tant aux États-Unis que dans la zone euro.

Graphique : Performance sur 12 mois des marchés d’actions.

Tomas Hildebrandt 9 mars

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