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La pression monte sur la BCE

Avec une inflation à 5.1% en janvier, son plus haut niveau depuis la création de la zone euro, la question du maintien du qualificatif « transitoire » se pose légitimement. Le président de la Réserve Fédérale l’a supprimé de son vocabulaire en fin d’année dernière, l’inflation évoluant depuis trop longtemps au-delà de 2%...

A la veille de la réunion de la BCE, l’exercice de communication pour la banque centrale et sa présidente vient sérieusement de se compliquer.

Avec une inflation à 5.1% en janvier, son plus haut niveau depuis la création de la zone euro, la question du maintien du qualificatif « transitoire » se pose légitimement. Le président de la Réserve Fédérale l’a supprimé de son vocabulaire en fin d’année dernière, l’inflation évoluant depuis trop longtemps au-delà de 2% et surtout cette pression sur les prix s’étant élargie à de nombreux items, et pas seulement les items sensibles au Covid ou aux tensions logistiques mondiales.

Ce qui a marqué les esprits à la diffusion des chiffres pour la zone euro, c’est non seulement le côté « historique » mais également le fait que l’écart avec le consensus n’a jamais été aussi important. La progression des prix entre décembre et janvier est relativement faible (0.1% en y/y) mais l’écart avec le consensus est massif et laisse planer le risque d’une inflation qui, même si elle commence à plafonner au premier trimestre, mette du temps à refluer, obligeant probablement la BCE à réviser sensiblement à la hausse ses projections d’inflation.

Même si c’est à une échelle plus faible qu’aux Etats-Unis, la pression politique va également s’accroître sur l’institution monétaire et il serait donc étonnant que le message délivré soit aussi accommodant que certains l’attendent encore. Le président de l’Eurogroupe a déclaré mercredi que le redressement des prix affectait la croissance et le pouvoir d’achat des citoyens et que les ministres de la zone euro étaient naturellement concernés.

Même si cette pression sur les prix est moins forte qu’aux Etats-Unis, on voit tout de même qu’elle ne se résume pas seulement à l’énergie.

Une vraie incertitude règne avant la décision de la BCE et la conférence de presse de Christine Lagarde : les marchés monétaires en zone euro continuent de « pricer » une hausse de taux d’ici décembre alors que les dernières communications des membres de la BCE renvoyaient cette hypothèse à 2023 au plus tôt. Nous pourrions assister à un pivot demain sur cette question-là.

On note également depuis quelques semaines un redressement des positions spéculatives sur l’euro face au dollar, ce qui signifie que certains investisseurs font potentiellement le pari d’une évolution du message de la BCE après le virage opéré par la Fed fin 2021. On sait que les hausses de salaire sont plus élevées aux Etats-Unis mais elles ne sont pas inexistantes en zone euro. Les dernières données du troisième trimestre 2021 faisaient apparaître une hausse de 2.3% des salaires en zone euro. C’est dire une progression supérieure à la moyenne observée entre 2012 et 2018.

Le redressement des taux longs en zone euro traduit non seulement le repli des achats d’actifs de la BCE mais aussi une intégration des données d’inflation. Et la progression des prix du pétrole, qui évolue au plus haut depuis 2014, ne facilitera pas la communication de la BCE demain…une réunion sous haute tension et avec des marchés très attentifs à toute inflexion de langage.

Alexandre Baradez 3 février

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