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Le dernier survivant

La lutte contre l’inflation, quelles qu’en soient les conséquences immédiates pour la croissance, est incontestablement la priorité des banques centrales, aux Etats-Unis comme en Europe. La Réserve fédérale américaine (Fed) a ainsi relevé ses taux de 75 pb mercredi, tandis qu’une autre hausse significative est déjà prévue pour le mois de juillet.

La Fed a en outre commencé à réduire son bilan, qui atteint 9000 milliards de dollars. Confrontée à une hausse des prix à la consommation qui devrait atteindre 11% par an, la Banque d’Angleterre a également procédé à une hausse des taux la semaine dernière – malgré la révision à la baisse de ses anticipations de croissance. Mais la principale surprise est venue de la Banque nationale suisse (BNS), qui a relevé son taux directeur de 50 pb et s’est déclarée prête à intervenir pour favoriser un franc fort. Un changement de cap surprenant, alors que la banque centrale visait jusqu’ici à empêcher le franc de s’envoler par rapport à l’euro ! De fait, la BNS considère désormais qu’un franc fort permet de lutter contre l’inflation importée. La Banque centrale européenne (BCE) aimerait voir l’euro se redresser pour la même raison – la BCE espère que sa première hausse des taux, prévue le mois prochain, déclenchera un début de rebond. Alors que nous sommes de plus en plus confiants face au franc suisse et désormais plus positifs concernant l’euro, nous attendons des précisions sur la manière dont la BCE compte lutter contre la « fragmentation financière » en zone euro.

Sans surprise, les marchés d’actifs risqués deviennent plus pessimistes. La Fed et les autres banques centrales veulent croire qu’elles peuvent organiser un « atterrissage en douceur » – mais cela s’avère de plus en plus compliqué. L’information selon laquelle un groupe fintech suédois réputé a été contraint de réduire ses ambitions de moitié alors qu’il cherchait des fonds auprès d’investisseurs privés souligne les difficultés traversées par les startups non rentables, face auxquelles nous restons globalement négatifs.

Mais il est possible que la baisse des valorisations conduise à une reprise des fusions et acquisitions parmi les groupes plus établis, comme en témoigne la discussion de rapprochement entre BNP et ABN-AMRO.

Dans l’univers des politiques monétaires accommodantes, la Banque du Japon (BoJ) se distingue comme « le dernier survivant ». La semaine dernière, elle a maintenu son taux au jour le jour à -0,1%, tout en s’engageant à acheter des quantités illimitées d’obligations d’Etat. Ce recours à la planche à billets a entraîné le yen vers un plancher historique par rapport au dollar. Les marchés testent désormais la détermination de la BoJ, ce qui nous incite à rester négatifs face aux obligations japonaises et au yen. Mais alors que les élections de juillet à la chambre haute du parlement japonais se dérouleront sur fond d’inquiétude concernant la hausse des prix à l’importation, une intervention du ministère des Finances sur les marchés ne peut être écartée. La température politique monte également dans d’autres régions. Le président français, Emmanuel Macron, n’a pas obtenu de majorité parlementaire, ce qui menace la mise en œuvre de son programme de réformes. En Espagne, le mécontentement des électeurs a également entraîné une défaite du Parti socialiste (au pouvoir à Madrid) lors des élections régionales en Andalousie. En revanche, le candidat de gauche Gustavo Petro a remporté l’élection présidentielle en Colombie, ce qui confirme une tendance observée ailleurs en Amérique latine. Dans l’ensemble, à mesure que la question de savoir « qui paiera la facture » de la dette et de l’inflation (l’un de nos thèmes d’investissement) gagnera en importance, la politique influencera de plus en plus les perspectives du marché.

Cesar Perez Ruiz 21 juin

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