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Les choix d’investissement en périodes de turbulences boursières

L’idée selon laquelle l’investissement en actions s’inscrit dans la durée est tout simplement devenue absurde aujourd’hui et même depuis 10 ans. Que l’on se rassure, il y aura toujours des opportunités...

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Au delà des turbulences boursières de cet été 2011, l’idée selon laquelle l’investissement en actions s’inscrit dans la durée car vous achetez des perspectives bénéficiaires d’entreprises (qui finiront bien par générer un retour sur investissement) est tout simplement devenue absurde aujourd’hui et même depuis 10 ans. Il suffit de le demander aux investisseurs de la bulle technos-médias-télécoms des années 1999-2000. Il faut aujourd’hui être conscient qu’investir sur certaines valeurs ne garantit pas de revoir son cours dans 10 ans sous l’effet d’évolutions réglementaires et démographiques peu favorables aux equities.

Au total un environnement d’aversion au risque, d’évolutions réglementaires et d’accroissement des risques systémiques (des banques-assurances aux souverains et des souverains aux banques-assureurs) doit nous conduire à repenser la gestion de portefeuille. Que l’on se rassure, il y aura toujours des opportunités, surtout pour ceux qui auront le courage de fuir la pensée unique, le politiquement correct et les consensus des scénarios centraux (on voit bien ou tout cela nous mène aujourd’hui). Bref, mais pas si simple (car nous sommes tous soumis plus ou moins directement à des contraintes institutionnelles), pour tous ceux qui préféreront avoir raison tout seul que tort tous ensemble. Et ceux qui, pour reprendre une expression chère à Moneyweek, auront compris que « lorsque tout le monde pense la même chose, c’est que plus personne ne pense »

La vraie question aujourd'hui est de s'interroger sur le choix entre actifs réels et actifs financiers
Mory Doré

Les raisonnements traditionnels d’allocation d’actifs financiers volant en éclats, la question n’est plus de savoir s’il faut sur(sous)pondérer les actions ou sous(sur) pondérer l’obligataire ; la vraie question aujourd’hui est de s’interroger sur le choix entre actifs réels et actifs financiers. Si dans l’ancien monde, il était unanimement admis une répartition 10% actifs réels - 90% actifs financiers, ne faut-il pas aujourd’hui envisager une véritable révolution et - ce qui n’est encore qu’intuitif - préconiser une allocation type 60% en actifs réels tangibles et seulement 40% en actifs financiers

LES ACTIFS RÉELS

Au niveau des 60% investis en actifs réels, on peut imaginer la structure d’allocation suivante

- 1. or, argent et autres matières premières tant agricoles que minières (20%) mais en évitant ETF et trackers synthétiques indéxés (risques de décorrélation entre les expositions réelles et l’indexation officielle) et en privilégiant l’or physique et des actions commodities soigneusement sélectionnées. Attention également au timing : profiter d’une correction technique baissière pour le métal jaune et attendre que les peurs de récession mondiale s’atténuent pour réinvestir sur les commodities.

- 2. obligations indexées inflation émises par des emprunteurs souverains encore au- dessus de tout soupçon (20%) car les tensions inflationnistes s’intensifieront partout dans le monde : inflation via les matières premières et les coûts salariaux dans le monde émergent ; inflation à cause de la monétisation des dettes publiques par les banques centrales avec un quantitative easing 3 probable de la FED et, contre son gré, un vrai quantitative easing 1 sans reprise de liquidités de la BCE.

- 3. 20% en actifs réels tangibles sur des supports SCPI au track record avéré

LES ACTIFS FINANCIERS

Au niveau des 40% à investir en actifs financier, on est un peu plus embêté et clairement moins enthousiaste.

- On peut imaginer un coussin monétaire à hauteur de 10% en monétair e qui ne rapportera plus jamais grand chose (que ce soit en EUR, en USD comme nous l’a encore fait comprendre la FED lors de son FOMC du 09/08/2011 en annonçant clairement que les taux courts ne remonteront pas avant mi-2013 !!! , en GBP et bien sûr en CHF et en JPY) mais qui aura le mérite de préserver notre capital.

- 10% sur de l’obligataire d’état de maturité inférieure à 3 ans et sur des signatures supposées encore sans risque (Core zone Euro et dans une moindre mesure emprunts d’état UK et US malgré S&P).

- 10% seulement en actifs dit risqués en s’intéressant aux fondamentaux sains que sont le pricing power pour les actions et la structure financière pour les obligations. Ce qui revient à être extrêmement sélectif sur certaines actions, convertibles, obligations corporate investment grade et high yield OCDE ainsi que sur le risque émergent corporate et souverain.

- Il ne nous reste que 10% pour optimiser notre gestion financière et générer du rendement sur des supports de diversification et de gestion alternative très liquides (sous forme de stratégies de trading directionnel et d’arbitrage en gestion directe ou déléguée selon les expériences et maturités de uns et des autres). Je pense pour ma part au Forex avec la mise en place de paris adaptés aux configurations de marché :

  • Positions longues en CHF et JPY contre toutes devises en période de forte aversion au risque et de forte baisse des marchés actions (comme ce fut le cas ces dernières séances ; attention cependant aujourd’hui à de nouvelles interventions de change sous différentes formes de la part de la Bank of Japan de la Banque Nationale Suisse)
  • À l’opposé en période de baisse de l’aversion au risque, de remontée des indices boursiers et des commodities, surpondérer des devises telles que les 3 dollars (australien , canadien et néozélandais )
  • Les 3 grandes devises que sont le GBP, l’Euro et le USD ne sont pas les meilleurs véhicules pour profiter de ces environnements de marché même si le dollar bénéficie traditionnellement un peu plus de l’aversion au risque que les que le deux autres devises (mais moins que le CHF et le JPY) ; tandis que l’Euro et le GBP sont généralement pénalisés par tout regain d’aversion au risque (mais moins que les devises commodities)
  • Attention les paris sur le forex ne doivent pas être exclusivement positionnés sur la psychologie des marchés et le degré d’aversion au risque. Ils doivent, notamment pour les trois grandes devises, prendre en compte des situations spécifiques (notation par les agences de la dette américaine, crise des dettes souveraines) et l’anticipation sur l’évolution des politiques monétaires des banques centrales

Mory Doré Août 2011

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