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Les stratégies « Managed futures »

Ce type de stratégie repose sur une idée simple : chercher à tirer profit d’une exposition sur les contrats à terme (« futures ») ayant comme sous-jacent des instruments financiers ou des matières premières...

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Parmi les différentes stratégies « Hedge Fund », la catégorie « Managed Futures » est sans nul doute une des plus méconnues. Pourtant, il s’agit d’une stratégie à part entière, au même titre que le « Long/Short equity » ou le « Convertible arbitrage » par exemple.

Ce type de stratégie repose sur une idée simple : chercher à tirer profit d’une exposition sur les contrats à terme (« futures ») ayant comme sous-jacent des instruments financiers (taux d’intérêt, devises et indices boursiers) ou des matières premières (marche de l’énergie, des métaux et des produits agricoles).

Le recours à l’effet de levier est traditionnellement utilisé et se fait simplement par le mécanisme du dépôt de garantie offert par les chambres de compensation des différentes bourses sur lesquelles sont cotés les contrats à terme : seule une faible partie de la valeur nominale du contrat est, en effet, exigée, pour ouvrir une position spéculative.

En règle générale, la philosophie d’investissement se résume à tirer profit de l’évolution des prix des différents contrats à terme, aussi bien à la hausse qu’à la baisse. Il s’agit, dans la plupart des cas, de bénéficier des tendances haussières et baissières, en utilisant des techniques d’analyse technique de suivi de tendance dites de « trend following ». L’exemple, le plus simple de cette technique, est la moyenne mobile des cours d’un contrat à terme : l’idée étant d’avoir une position acheteuse lorsque ces cours se trouvent au dessus de leur moyenne mobile et inversement dans le cas opposé.

Ces techniques de « trend following » sont, en général, systématisées, c’est-à-dire, que le gérant d’un fonds « Managed Futures » va suivre systématiquement les signaux d’achat et de vente fournis par sa stratégie. De cette façon, il fait ainsi abstraction de tout sentiment et de toute émotion. Cette approche lui permet, également, grâce aux outils informatiques actuels, de suivre et de traiter simultanément une multitude de marchés, ce qui lui offre, en conséquence, une meilleure diversification de son risque.

C’est d’ailleurs la nécessité du recours à l’informatique qui explique pourquoi ce type de stratégie est apparu récemment, bénéficiant à plein de l’électronisation actuelle des bourses. De quelques milliard d’actifs sous gestion en 1985, ce type de stratégie approche aujourd’hui le cap des 200 milliards d’après Barclay Hedge, 75% de ces encours étant représentés par des « Managed futures » de type « trend following » systématiques.

Même si leur aspect « boite noire » de génération de signaux d’achat/vente, laissent les investisseurs généralement réticents - pour preuve l’encours des « Managed Futures » représente environ 10% de l’encours total des stratégies hedge fund, estimé à environ 2 000 milliards de dollars par les spécialistes - les avantages des stratégies « Managed futures » sont loin d’être négligeables.

Tout d’abord, ces stratégies ont offert, depuis la crise financière, une performance largement positive, dans leur ensemble, bénéficiant à plein du « flight to quality » observé sur les marchés obligataires en 2007 et 2008 : il s’ensuit près de 20% de hausse sur les deux dernières années pour l’indice « Managed futures » de Credit Suisse/Tremont mais également une corrélation négative, avec l’indice large de Wall Street - S&P 500 - si chère aux yeux des investisseurs.

Mais, après les récentes faillites bancaires ou les difficultés rencontrées par certains « hedge funds » pour évaluer correctement certains de leurs actifs ou pour les négocier sur le marché, les fonds « Managed Futures » présentent surtout l’avantage d’intervenir sur des produits financiers, liquides (le volume quotidien du « bund futures » est de l’ordre de 100 milliards de dollars à titre d’exemple), transparents en termes de prix (un prix de clôture public est fixe journalièrement par les bourses) et caractérisés par une absence du risque de contrepartie à travers les chambres de compensation des différentes bourses.

Mais ces avantages n’ont visiblement pas totalement convaincu la plupart des investisseurs !

RF Mars 2010

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