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Perspectives 2022 : un potentiel de hausse des marchés limité par le changement de cap monétaire

Instaurées pour contenir le risque inflationniste, les politiques moins accommodantes des banques centrales devraient limiter le potentiel d’appréciation des marchés actions cette année. Ces derniers seront toutefois à privilégier par rapport aux marchés de taux.

Après la phase de reprise euphorique soutenu par les banques centrales en 2021, le contexte a incontestablement changé en ce début d’année. Le retour de la croissance et de l’inflation ne justifie plus le stimulus monétaire mis en place pour contrer les effets de la pandémie de la Covid-19. La période actuelle, marquée par le changement de cap monétaire et le début de la remontée des taux de la Fed, est propice à une plus grande volatilité sur les marchés. Une volatilité entretenue par trois éléments d’incertitude : l’inflation, l’évolution de la pandémie et la question géopolitique (Russie/Ukraine, Taïwan).

Sur le plan macroéconomique, la croissance mondiale pourrait ressortir à 4,9% cette année alors que l’inflation pourrait atteindre son pic au cours du premier trimestre. Par zone géographique, la croissance de la zone euro (attendu à +4,2%) devrait s’avérer supérieure à celle des Etats-Unis (+3,3%) alors que celles des pays émergents ne devrait pas dépasser +4,6%. Ce rattrapage européen s’explique par le fait que l’économie américaine a pu bénéficier d’une réouverture plus précoce l’an dernier qu’en Europe où la reprise a été plus lente qu’outre-Atlantique.

Des facteurs de soutien en diminution sur les marchés obligataires

La politique moins accommodante des banques centrales devrait limiter le potentiel d’appréciation des marchés actions qui seront tout de même à privilégier par rapport aux taux. Même si les fondamentaux des entreprises se sont considérablement améliorés l’an dernier et devraient rester globalement bons, la hausse des bénéfices sera moins forte en 2022 mais proche de leur moyenne historique. A court terme, nous privilégions les portefeuilles équilibrés pour faire face au regain d’instabilité. Concernant le style de gestion des gérants actions, le segment « Value » (recherche de titres décotés) continue de bénéficier d’un déficit de valorisation important. Plus que jamais, le stock picking devrait retrouver toute sa pertinence au détriment des facteurs macroéconomiques directionnels. Par ailleurs, les stratégistes doivent placer les critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) au cœur de chaque investissement.

Sur les marchés obligataires, les facteurs de soutien vont globalement s’estomper en 2022. La Fed est engagée dans un processus de resserrement monétaire. Quant à la BCE, elle resserre également ses conditions financières avec l’arrêt du programme PEPP et des TLTRO même si la normalisation ira moins loin qu’aux Etats-Unis. Malgré ces vents contraires en perspective, le marché primaire du crédit d’entreprises restera actif et continuera d’offrir des opportunités, à condition de gérer le risque de remontée des taux de façon dynamique, en privilégiant notamment les titres Investment Grade BBB et High Yield BB. Le marché du High Yield présente l’avantage d’offrir une sensibilité moindre au risque spécifique de remontée des taux. En outre, les taux de défaut restent sur des niveaux historiquement bas. A noter que l’impact du resserrement monétaire en cours devrait rendre les conditions de marché moins favorables dans la seconde partie de l’année.

Enfin, la thématique de long terme de la transition juste (transition énergétique préservant les aspects sociaux) va créer de nombreuses opportunités d’investissement sur toutes les classes d’actifs. La demande des investisseurs est forte et ce sera un axe majeur à privilégier dans les stratégies pour 2022.

Laurent Gonon 4 février

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