Le recul des défauts a tout aussi bien concerné les États-Unis que l’Europe, mais celle-ci a davantage contribué à la tendance baissière : ainsi les taux de défaut HY européen ont presque diminué de moitié entre décembre 2013 (4,2 %) et octobre 2014 (2,3 %) alors que les mêmes taux aux États-Unis sont passés de 2,2 % à 1,9 % sur la même période. La situation paraît même encore plus favorable quand l’on mesure les taux de défaut en pourcentage de la dette et non du nombre d’émetteurs. Sur cette base, et selon les derniers chiffres disponibles, les défauts de la dette spéculative américaine se montent à 1,9 % et ceux de la classe d’actifs en Europe à tout juste 1,6 %. La différence entre ces deux mesures implique que les taux de défaut sont moins importants parmi les gros émetteurs que parmi les petites et moyennes sociétés.
Les agences de notation considèrent toujours que l’environnement des taux de défaut bénéficie de perspectives favorables, comme elles l’ont réaffirmé récemment. Ainsi, Moody’s estime par exemple que les défauts à l’échelle mondiale vont rester à des niveaux faibles et stables pendant les douze mois à venir, et table sur 2,4 % contre 2,3 % actuellement.
Certaines tendances apparues dernièrement, plus favorables à l’Europe qu’aux États-Unis, devraient également persister mais dans des proportions limitées. Les taux de défaut HY américains devraient légèrement progresser pour atteindre 2,5 % contre 1,9 % actuellement, mais dans le même temps, les obligations d’entreprise spéculatives européennes devraient encore voir leurs taux de défaut baisser pour s’établir à 1,9 % en octobre 2015 (2,3 % aujourd’hui).
S&P table également sur des perspectives en amélioration pour les défauts des entreprises HY européennes au cours des prochains trimestres, après une embellie en 2014 conforme aux estimations de Moody’s.