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Tensions inflationnistes, menaces structurelles : des allocations bouleversées par un environnement plus incertain

L’invasion de l’Ukraine par la Russie accentue la pression inflationniste qui devient même « permanente » aux Etats-Unis. Les investisseurs doivent ajuster leurs allocations en conséquence.

Catastrophe humaine et changement de paradigme géopolitique qui plonge l’Europe dans des événements que l’on ne pensait pas revivre au 21è siècle, la guerre en Ukraine a des répercussions économiques et financières significatives, à commencer par la hausse spectaculaire des prix de l’énergie. Ces hausses de prix viennent alimenter un contexte général qui était devenu inflationniste avant le déclenchement des hostilités. En effet, les politiques budgétaires et monétaires engagées pour lutter contre la pandémie ont provoqué une forte progression de la demande qui a induit à son tour un choc de l’offre suite aux ruptures constatées sur les chaînes d’approvisionnement.

Si les partisans de l’inflation « temporaire » estiment que l’adaptation prévisible des capacités de production, sur fond de normalisation des politiques monétaires et budgétaires, devrait permettre de freiner l’inflation, d’autres jugent qu’une dynamique inflationniste « permanente » s’est installée mais surtout aux Etats-Unis avec l’enclenchement d’une spirale salaires/prix. Outre-Atlantique, les coûts salariaux ont récemment augmenté de 3,7% aux Etats-Unis. Dans la zone euro, la progression n’atteint que 1,5%. Contrairement à la crise financière de 2008, la politique accommodante de la Fed se répercute dans l’économie réelle alors que la croissance des crédits octroyés aux ménages est supérieure à sa moyenne de long terme, phénomène qui n’est pas observé en Europe. En zone euro, le taux d’inflation actuel de 5,8% s’explique pour moitié par la hausse des prix de l’énergie qui vont continuer de tirer l’inflation vers le haut à court terme.

« A court terme, la guerre en Ukraine change la donne. Les taux d’inflation vont rester élevés plus longtemps que prévu. Dans ce contexte, la Fed devrait procéder à cinq hausses de 25 points de base en 2022 alors que la BCE pourrait attendre le premier trimestre de l’année prochaine avant d’engager son premier relèvement. A moyen terme, tout dépendra de l’issue de ce conflit par nature imprévisible mais on peut déjà esquisser un scénario dans lequel l’économie mondiale sera moins globalisée et les dépenses militaires en augmentation. Ainsi, ce mouvement de déglobalisation et la disparition des dividendes de la paix continueront d’alimenter les pressions inflationnistes dans la durée » estime Marc Brütsch, Chef économiste chez Swiss Life Asset Managers.

La normalisation monétaire ne devrait pas peser sur les marchés actions à moyen terme

Pour se protéger de cet environnement inflationniste, les investisseurs ne doivent attendre à court terme aucune protection des emprunts d’Etats qui enregistrent des performances négatives. L’étude des rendements annuels corrigés de l’inflation en période de hausse de l’inflation le démontre, analyse réalisée par Swiss Life Asset Managers depuis 1870. A contrario, les placements immobiliers surperforment toutes les classes d’actifs avec des rendements en moyenne supérieurs à 5%, notamment grâce au mécanisme d’indexation des loyers et cela sur toutes les zones géographiques considérées (France, Japon, Etats-Unis et Royaume-Uni). Ils constituent une protection adéquate contre l’inflation. « Sur les marchés obligataires, le choc ukrainien a effectivement entraîné un mouvement de baisse des taux des emprunts d’Etat à 10 ans, traduisant la préférence des investisseurs pour les actifs sans risque qui a contribué à l’élargissement des spreads de crédit. En cas de stabilisation géopolitique, ceux-ci pourraient à nouveau se resserrer. Les obligations d’entreprises devraient de leur côté garder leur attractivité dans un environnement, qui est resté jusqu’à présent favorable » relève Béatrice Guedj, Directeur Recherche & Innovation chez Swiss Life Asset Managers France.

Sur les marchés actions, la baisse des cours provoquée par la guerre en Ukraine est justifiée par la recherche de placements moins risqués mais la normalisation monétaire ne devrait pas peser sur l’évolution des cours à moyen terme si l’on se réfère aux cycles précédents de hausse des taux, comme le suggère une étude réalisée par Swiss Life Asset Managers.

En outre, les valorisations actuelles atteignent des niveaux proches de leur moyenne historique. « Ainsi, une réaction positive des marchés pourrait se produire relativement rapidement si une issue diplomatique se dessinait mais une grande prudence reste nécessaire dans le contexte actuel » explique Béatrice Guedj.

Des solutions pour protéger les portefeuilles de la hausse de l’inflation

A plus long terme, le défi climatique change également la donne. « Au-delà des tensions géopolitiques actuelles, la prise de conscience de la nécessité de changer nos modes de consommation et de réussir la transition énergétique nous fait entrer dans un nouveau cycle de consommation plus économe, marqué par la généralisation des quotas. L’envolée des prix des matières premières est une alerte. A moyen et long terme, les évolutions démographiques vont renforcer les tendances inflationnistes. A ce titre, les investisseurs devront notamment privilégier les valeurs en mesure de répercuter les hausses de prix, celles offrant un pricing power élevé » analyse Denis Lehman, Responsable des Activités Valeurs Mobilières chez Swiss Life Asset Managers France.

Next Finance 1er avril

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