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Un nouvel ‘hiver crypto’

L’écosystème des actifs numériques connaît incontestablement un nouvel ‘hiver crypto’, c’est-à-dire une période prolongée de baisse des valorisations. Dans un même temps, des montants sans précédent de capital-risque sont investis dans ce secteur. Il est difficile de concilier ces deux réalités.

Le cours du Bitcoin s’est replié depuis son plus haut historique d’environ 69 000 dollars en novembre 2021. Il s’établit actuellement à 22 300 dollars, soit une chute de 68 % [1]. Cette inversion de marché rappelle le repli de l’année 2018 au cours duquel le cours du Bitcoin avait baissé d’à peine moins de 20 000 dollars en décembre 2017 à 7 400 dollars en juin 2018.

L’écosystème des actifs numériques au sens large s’est contracté depuis ses points hauts de plus 3 000 milliards de dollars à moins de 1 000 dollars actuellement [2]. À titre de comparaison, la période allant de décembre 2017 à juin 2018 a été témoin d’une contraction de l’écosystème des actifs numériques de 850 millions de dollars à 250 millions de dollars, soit une baisse de plus de 70 % [3].

Au sein de l’ensemble du secteur, nous constatons que certains acteurs se serrent la ceinture. L’annonce de cette semaine porte sur BlockFi, une bourse de cryptomonnaies destinée aux particuliers et aux institutionnels qui a indiqué une réduction de 20 % de ses effectifs [4], ce qui a fait suite à l’annonce par d’autres grands acteurs de l’écosystème d’un gel des embauches et de licenciements.

Nous avons également observé plusieurs faillites de grande ampleur au cours des six derniers mois. L’expérimentation du ‘stablecoin’ LUNA/UST adossé à des garanties insuffisantes est arrivée à son terme. À son plus haut début avril 2022, la cryptomonnaie LUNA était valorisée à l’équivalent d’environ 41 milliards de dollars [5]. Le réseau est désormais principalement inexistant. Un autre exemple a été observé cette semaine : le réseau Celsius, qui permet à ses clients de prêter leurs cryptomonnaies, a suspendu les retraits « à cause de conditions de marché extrêmes ».

Ces évolutions contrastent avec la manière dont le capital-risque est déployé au sein de l’écosystème.

L’année 2021 a été témoin d’investissements en capital-risque sur le secteur des cryptomonnaies/de la blockchain supérieur au montant cumulé au cours des 6 années précédentes, soit 21 milliards de dollars au total [6]. Lors du premier trimestre 2022, encore plus de capital-risque a été investi avec 10 milliards de dollars supplémentaires. Il y a à peine deux semaines, Andreesen Horowitz, une société de capital-risque, a annoncé avoir réussi à lever des nouveaux fonds pour un montant de 4,5 milliards de dollars en faveur du ‘web3’ (leur slogan accrocheur pour décrire les cyptomonnaies/la blockchain) [7].

Une analyse de la destination de ces flux de capital-risque est instructive. Au cours des 6 derniers mois, une moyenne de 36 % d’entre eux s’est dirigée vers les jetons non fongibles (NFT) et le jeu. La deuxième part la plus élevée de ce capital-risque s’est dirigée vers la finance décentralisée (DeFi) qui en a attiré environ 16 % [8].

Ces deux situations donnent naissance à un contraste. D’une part, les perspectives macroéconomiques ne pourraient pas être plus pessimistes. D’autre part, nous n’avons jamais observé tant de projets entièrement financés dans les actifs numériques. Cette tendance va peut-être s’étendre de 12 à 18 mois. Ceux qui réussissent à trouver des modèles économiques générateurs de revenus ainsi que des utilisateurs participeront à la prochaine vague d’opportunités dans le secteur des actifs numériques. Les victimes seront nombreuses, comme cela a été le cas pendant plus d’une décennie d’évolution des actifs numériques.

Benjamin Dean 17 juin

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