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Jim Simons : Professeur de géométrie et patron du hedge funds Renaissance Technologies

Récemment nommé IAFE/SunGard Financial Engineer of the Year 2006, Jim Simons, brillant mathématicien et fondateur de Renaissance Technologies, est devenu en quelques années l’un des hommes les plus riches de la planète.

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Depuis les travaux de Fischer Black et Myron Scholes et la création des premiers marchés de dérivés à Chicago en 1973, les marchés financiers ont vu leurs nombres de mathématiciens croître de manière exponentielle. Si rien ne prédestinait bon nombre d’entre eux à travailler dans cette industrie, quelques surdoués ont réussi à s’y frayer un chemin et à y faire leur nid. Le Dr James Harris Simons fait partie de cette petite élite.

Peu connu du grand public, contrairement à Warren Buffet ou George Soros, Jim Simons n’en reste pas moins la 278ème fortune mondiale et surtout, l’un des gestionnaires de fonds les plus en vue des Etats-Unis, avec 34% de performance nette par an depuis bientôt 20 ans pour Medallion Funds, fonds d’investissement appartenant à sa société Renaissance Technologies.

Pourtant, rien ne laissait penser que ce petit génie des mathématiques deviendrait milliardaire.

Jim Simons a toujours voulu faire des maths : « je rêvais déjà de chiffres quand j’avais l’âge de 3 ans ». Après son baccalauréat à la Newton High School de Boston, il obtient un Bachelor degree en mathématiques au prestigieux MIT en 1958 à l’âge de 20 ans, avant de poursuivre ses études à l’université de Berkeley en Californie et d’y décrocher un doctorat en mathématiques en 1961. Les trois années suivantes, il officie comme enseignant d’abord au MIT puis à Harvard. Il part travailler pour le département de la Défense Américaine en 1964 mais est viré quatre ans plus tard, à cause de ses prises de position publiques contre la guerre au Vietnam. Il réintègre alors le monde académique.

De retour à la tête du département de mathématiques de l’université de Stony Brook, Simons y fait valoir tout son génie, avec la publication d’un article (en collaboration avec le chinois Shiing-Chen Chern) intitulé « Characteristic Forms and Geometric Invariants » qui constitua une avancée notable en géométrie avant de se voir populariser à des domaines aussi divers que les sciences physiques ou la biologie. Grâce à ses aptitudes à l’abstraction et à ses talents en géométrie différentielle, son domaine de prédilection, Simons remporte le American Mathematical Society’s Oswald Veblen Prize, qui récompense les chercheurs de moins de 35 ans pour les travaux d’une qualité exceptionnelle. Pendant cette même période (milieu des années 70), il commence à traiter à temps partiel sur le marché de devises. Fort de ses résultats, il décide alors de quitter les milieux universitaires pour lancer ses propres affaires.

Il fonde ainsi, en 1978, un fonds d’investissement privé nommé Limroy, utilisant l’analyse fondamentale pour prédire les mouvements de taux d’interêt. Le succès étant au rendez-vous, il dissout Limroy et décide de créer en 1982 la société Renaissance Technologies. En Mars 1988, son fonds d’investissement vedette, le Medallion Funds voit le jour et réussira une performance nette de 8.8% la première année en négociant sur les marché de Futures.

Après une année 89 difficile, les performances ne vont cesser de croître. Sur la base d’algorithmes mathématiques concoctés en secret par les esprits les plus brillants dénichés dans les universités les plus prestigieuses, des automates de trading décèlent des anomalies de marchés et prennent alors des positions pour générer des micro profits qui, cumulés, peuvent permettre d’engranger des millions de dollars. Cette recette, qui allie techniques sophistiquées de trading, recrutement des meilleurs scientifiques de par le monde, ajouté à un culte du secret absolu sur ses recherches, va permettre au Dr Simons et à Renaissance Technologies de rester sur une performance moyenne nette de plus de 30% pendant plus de 15 ans, et de faire de lui, l’un des gérants de fonds les plus prolifiques au monde.

Ses résultats exceptionnels lui ont d’ailleurs valu le récent titre de IAFE/Sungard Financial Engineer of the Year 2006, rejoignant ainsi de grands noms de la finance mathématique tels que Oldrich Vasicek, Emanuel Derman, Mark Rubinstein ou Robert Merton, tout en constituant en quelques années une fortune estimée par le magazine Forbes à près de 2,6 milliards de dollars.

De quoi, certainement, donner des idées à tous les brillants mathématiciens. Qui a dit que mathématiques, argent et succès ne faisaient pas bon ménage ?

Yann Olivier Avril 2009

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