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L’immigration, une nécessité pour les Etats européens

D’ici 2030, la population active diminuera en Allemagne, en France, en Espagne et en Italie. Il en sera de même en Pologne, en Roumanie ou en Hongrie. Les marges de manœuvre en matière de taux d’emploi sont de plus en plus faibles, en particulier en Allemagne. Avec l’Espagne et l’Italie, la France est le pays qui dispose des marges...

D’ici 2030, la population active diminuera en Allemagne, en France, en Espagne et en Italie. Il en sera de même en Pologne, en Roumanie ou en Hongrie. Les marges de manœuvre en matière de taux d’emploi sont de plus en plus faibles, en particulier en Allemagne. Avec l’Espagne et l’Italie, la France est le pays qui dispose des marges les plus importantes du fait du faible taux d’emploi constaté chez les jeunes de moins de 25 ans et chez les seniors. Le taux d’emploi est en France de 68 % contre 76 % en Allemagne. Il s’élève à 60 % en Italie et à 64 % en Espagne. L’hostilité au report de l’âge de départ à la retraite rend difficile l’augmentation du taux d’emploi. L’insuffisance des compétences génère une inadéquation croissante entre offre et demande de travail. Par ailleurs, de plus en plus de salariés refusent des emplois à forte pénibilité ou à horaires décalées.

L’absence de gains de productivité complique la donne car elle ne permet pas de compenser la baisse de la population active. En France et en Espagne, un recul de la productivité est même constaté. En Allemagne, elle stagne. En revanche, elle continue de progresser dans les pays d’Europe de l’Est qui sont toujours en rattrapage par rapport à l’Ouest. Le recul de la productivité amène celui de la production. Ce phénomène est déjà à l’œuvre en France et en Espagne.

Les Etats-Unis diffèrent de l’Europe sur plusieurs points. Leur population active continue à augmenter et les gains de productivité y ont moins baissé. Malgré le durcissement de la législation, les États-Unis demeurent un pays d’immigration.

L’apport des travailleurs étrangers à la croissance est important. Il réduit les tensions sur le marché du travail. Contrairement aux idées reçues, la population immigrée est aux Etats-Unis plus diplômée que le reste de la population. Plus de 20 % des immigrés disposent d’un diplôme BAC+5 et plus contre 15 % de la population native. La proportion de BAC+4 atteint 36 % chez les premiers, contre 24 % chez la seconde (source : US Census Bureau). L’immigration choisie est également de mise au Canada et en Australie, immigration qui explique dans ces pays plus de 75 % de la croissance démographique.

L’Europe, en dehors de la période 2015/2017 a réduit les flux d’immigration. Cette réduction à l’exception de l’Allemagne a été forte dans les pays qui connaissent de forte régression de la population active. En Europe, plus de 40 % des entreprises rencontrent des difficultés de recrutement. Les délais s’allongent pour la réalisation des travaux dans le bâtiment. Des restaurants et des hôtels doivent réduire leurs activité faute de personnel. Cette situation pèse sur la croissance et sur les rentrées fiscales et sociales. Les besoins en main d’œuvre en Europe concernent tant les emplois qualifiés (médecins, infirmiers, techniciens, ingénieurs, etc.) que les emplois non qualifiés. Dans les prochaines années, la situation ne peut que se dégrader compte tenu des départs massifs à la retraite qui sont programmés. Les générations des années 1960 qui sont les plus nombreuses sont désormais concernées par la retraite. Pour la France, plus de 800 000 départs à la retraite par an sont prévus jusqu’en 2040. Toute réduction brutale de la population active est une source d’attrition économique et donc d’appauvrissement. La réduction du moteur économique rendra plus difficile le financement des dépenses sociales et en premier lieu des retraites. L’ouverture à l’immigration est donc nécessaire. Des moyens devraient être dégagés pour améliorer l’accueil des immigrés avec un accès privilégié à la formation et à l’apprentissage des langues.

La diminution de la population active associée à une baisse de la productivité provoquera une diminution de la production et pèsera sur la croissance. Elle conduira à une inflation plus élevée. Elle amènera surtout une baisse des conditions de vie, avec un accès aux services en particulier sanitaires de plus en plus difficiles. La voie de l’immigration est, en l’état actuel des choses, une des rares solutions qui s’offre aux pays européens pour relever leur croissance potentielle et limiter la dérive de leurs comptes publics.

Philippe Crevel 3 janvier

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