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La bascule des Banques Centrales

Forte hausse des anticipations d’inflation, qui atteignent les niveaux élevés de 2011. Le marché conclut que les banques centrales n’auront d’autre choix que de remonter prématurément les taux. La situation sanitaire se dégrade en Chine avec de nouveaux confinements locaux...

La semaine aura été marquée par la forte hausse des anticipations d’inflation, qui atteignent désormais les niveaux élevés de 2011, à environ 2% en Europe, et 2,7% aux Etats-Unis selon les obligations indexées sur l’inflation. Cela complique l’exercice d’équilibriste des banquiers centraux, tiraillés entre leur souhait de maintenir des taux bas pour soutenir l’activité et faciliter la gestion de la dette, et la nécessité d’éviter tout désencrage des anticipations d’inflation.

C’est ainsi que Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a tenté en vain de rassurer les marchés sur le caractère temporaire de l’inflation liée à la réouverture et à la hausse des prix de l’énergie.

La défiance du marché envers les banques centrales est telle que les courbes de taux connaissent un très fort aplatissement, induit par une hausse des taux courts alors que les taux longs rebaissent. Le marché conclut que les banques centrales n’auront d’autre choix que de remonter prématurément les taux, ce qui aura pour effet de réduire la croissance économique et par ricochet les taux longs.

Ainsi, après les pays émergents, ce sont les banques centrales des pays du Commonwealth qui durcissent le ton pour lutter contre l’inflation, à l’image du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.

Ces craintes inflationnistes et les perturbations des chaînes d’approvisionnement finissent par peser sur l’activité économique. Le PIB américain du 3ème trimestre s’essouffle à 2% avec un effondrement des ventes de voitures. Mais le nouveau plan de relance de 1 750 milliards de dollars proposé par Biden, s’il est validé, devrait contribuer à le booster.

Par ailleurs, la situation sanitaire se dégrade en Chine avec de nouveaux confinements locaux tandis que plusieurs pays d’Europe du Nord font face à une nouvelle vague de Covid. L’impact marché devrait être limité avec la meilleure gestion des malades et l’arrivée prochaine de traitements oraux, notamment le Monulpiravir de Merck.

En dépit de la dégradation du mix croissance/inflation et du risque sur les marges bénéficiaires, les actions ont poursuivi leur hausse car les taux réels restent très dissuasifs, à respectivement environ -1% pour le 10 ans US, et -2,2% pour le 10 ans européen, et les résultats des entreprises sont meilleurs qu’attendu.

Dans cet environnement, nous conservons donc une position neutre sur les actions. Sur les taux, nous privilégions toujours le crédit et remontons progressivement la duration compte tenu de la hausse des taux, tout en maintenant une sous-pondération sur les dettes souveraines.

Edmond de Rothschild (France) 2 novembre

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