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La loi d’Amara qui s’applique aux marchés financiers

Cette semaine, nous avons pensé à la loi d’Amara, qui selon nous s’applique aussi bien aux marchés financiers qu’aux technologies. La loi d’Amara stipule que "nous avons tendance à surestimer l’effet [d’une technologie] à court terme et à sous-estimer son effet à long terme".

Accélération

Les marchés financiers ont connu une autre semaine volatile, les variations des prix montrant à la fois des signes de capitulation et de soulagement. Cette semaine, nous avons pensé à la loi d’Amara, qui selon nous s’applique aussi bien aux marchés financiers qu’aux technologies. La loi d’Amara stipule que "nous avons tendance à surestimer l’effet [d’une technologie] à court terme et à sous-estimer son effet à long terme". [1] A court terme, les marchés prennent en compte les mouvements de prix entre les classes d’actifs, les flux des investisseurs visant à ajuster le positionnement, et les pertes inévitables des investissements spéculatifs. Les marchés se sont ajustés en conséquence et on peut penser qu’il s’agit d’un surajustement.

Toutefois, les changements structurels globaux, qui étaient en cours et qui ont été accélérés par la pandémie de COVID-19, et le conflit Ukraine/Russie rendent l’horizon à plus long terme plus difficile et les investisseurs pourraient encore sous-estimer leurs effets.

La première accélération est celle de l’inflation. L’excès de liquidités dû à une politique monétaire ultra-accommodante, des marchés du travail tendus, des goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement et des matières premières à des prix élevés ont poussé l’inflation globale à des niveaux critiques.

Cela a conduit à l’accélération de la normalisation de la politique monétaire des banques centrales. En période de crise, le rôle des banques centrales est d’être prêteurs en dernier ressort. C’est ce qui s’est passé avec les systèmes bancaires lors de la grande crise financière de 2007-2008 et avec les marchés du travail lors de la pandémie de COVID-19 ; une fois les bilans bancaires assainis et les économies fonctionnant à des niveaux de plein emploi, nous pourrons conclure que le travail a bien été achevé. En période normale, l’objectif est la stabilité des prix, mais il est plus difficile à justifier à l’heure actuelle. La Grande Crise Financière mondiale a provoqué un choc de demande, le secteur privé ayant réduit son bilan. Les banques centrales se sont inquiétées des pressions déflationnistes et ont cherché à encourager l’investissement et la consommation. La politique monétaire a été considérablement assouplie et une politique non conventionnelle a été déployée par le biais de l’assouplissement quantitatif. Les banques centrales sont maintenant confrontées à un choc de l’offre dans les matières premières, les biens de consommation et les marchés du travail. Cette situation est inflationniste et nous pensons que la politique en place est mauvaise. La politique qui a été mise en place après la grande crise financière doit être inversée. La suppression de la politique monétaire accommodante signifie passer d’un assouplissement quantitatif à un resserrement quantitatif, de taux réels négatifs à des taux réels positifs et d’un objectif de plein emploi à une hausse du chômage.

La tâche des banques centrales n’a pas été facilitée par deux autres changements structurels qui se sont accélérés depuis le début de la pandémie de COVID-19. En premier lieu il faut citer l’accélération de la démondialisation. À mesure que l’activité transfrontalière diminue, le coût des biens et de la main-d’œuvre augmente. En second lieu, il faut rappeler également l’accélération de la décarbonisation et la transition vers des sources d’énergie à plus forte intensité de capital, précisément lorsque l’énergie est à la fois rare et redéfinie comme une question de sécurité nationale.

Nous pensons que le dernier changement auquel les banques centrales seront confrontées sera celui de leurs propres gouvernements, car la combinaison de l’augmentation de l’inflation et des taux d’intérêt pourrait être le cocktail parfait pour accélérer les inégalités, un mot que tous les gouvernements craignent. Nous devrions nous attendre à une plus grande intervention des gouvernements, à une augmentation des dépenses fiscales pour soutenir les niveaux de vie, et au financement des dépenses d’investissement pour l’approvisionnement en énergie et la décarbonisation du secteur énergétique.

Graphique de la semaine : la Loi d’Amara

Alors, qu’est-ce que cela signifie pour les investisseurs ? Probablement plus de volatilité dans laquelle le sentiment des investisseurs oscille entre la sur- et la sous-estimation du besoin d’une compensation du risque dans son ensemble. Heureusement, dans le crédit, pour les investissements qui ne font pas défaut et qui ont donc généralement une valeur finale connue au pair, le calcul approprié de la valeur future est, par définition, relativement plus facile à faire. Nous pensons que les investisseurs trouveront que cela constitue un avantage pour le crédit, dont le prix est actuellement généralement inférieur au pair, mais qui, selon nous, devrait arriver à maturité ou revenir à 100 pour toute entreprise qui continue à honorer ses paiements. Selon nous, le prix et la valeur se rejoindront une fois de plus (tout comme la pensée humaine sur la productivité et, la productivité elle-même se rejoignent dans le graphique cidessus), même si pour le moment nous ne voyons pas encore quand aura lieu ce point d’intersection. Et pendant que les investisseurs dans le crédit attendent, ils sont payés. Cette compensation pour l’attente - sous forme de rendement - est plus attractive qu’elle ne l’a été depuis un certain temps.

Le discours du marché est largement négatif. C’est peut-être le moment idéal pour les investisseurs qui ont le courage de commencer à acquérir les « joyaux » du crédit parmi les décombres. Se positionner tôt est une bonne chose quand l’attente peut être bien rémunérée.

MUZINICH & CO 30 mai

Notes

[1] The virtu lab, au 26 janvier 2022

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