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Le Sursaut

En quelques heures, l’Europe a pris conscience de la réalité, géopolitique et militaire. En quelques heures, le pacifisme allemand qui tentait de déculpabiliser une nation du chapitre monstrueux de son histoire, et son corollaire, la naïveté écologiste à l’origine d’une politique énergétique tributaire de la Russie pour le gaz et le pétrole, en quelques heures...

En quelques heures, l’Europe a pris conscience de la réalité, géopolitique et militaire. En quelques heures, le pacifisme allemand qui tentait de déculpabiliser une nation du chapitre monstrueux de son histoire, et son corollaire, la naïveté écologiste à l’origine d’une politique énergétique tributaire de la Russie pour le gaz et le pétrole, en quelques heures, ces mentalités imprégnées par des décennies d’aveuglement idéologique, ont fait volteface.

Désormais, l’Allemagne consacrera 2% de son PIB au budget de la défense. Olaf Scholz a annoncé un programme de 100 milliards d’euros pour moderniser l’armée allemande. Désormais, l’Allemagne accepte de fournir des armes à l’Ukraine pour se défendre et détruire les chars de l’envahisseur. Il est probable que l’onde de choc atteindra prochainement les fondements de la politique énergétique qui optera pour une plus faible dépendance à la Russie et une plus grande autonomie nationale.

Une mutation majeure a surgi. La progressive adaptation darwinienne est balayée. L’évolution des consciences ne suit pas le même rythme que l’évolution morphologique. Le cerveau a ses fulgurances propres. L’impensable décision de Vladimir Poutine a déclenché un brutal ressort psychologique enfoui dans l’inconscient collectif, la levée des interdits au nom de la survie. Oui l’Europe est vulnérable, oui l’Europe n’est pas armée pour se défendre, oui Poutine est en train d’envahir l’Ukraine et si l’Europe ne fait pas face avec détermination, il pourrait fort bien continuer dans le pourtour méditerranéen ou à partir de Kaliningrad, par exemple.

Poutine a commis l’irréparable et les Ukrainiens ont résisté, pour sauver leur pays, leur indépendance, leur sol, leur liberté, leur honneur. Et les Européens, qui préféraient depuis longtemps le confort au courage, ont soudainement réalisé que la guerre tuait à 1 300 km de Berlin et que leur survie était en jeu. Les grandes idées bien pensantes se sont métamorphosées en réalité tangible et en risque imminent.

L’objectif initial de Vladimir Poutine était de détruire les principaux sites militaires, de renverser le gouvernement de Volodymyr Zelensky et d’installer à Kiev une équipe dirigeante contrôlée par Moscou. La résistance ukrainienne empêche pour l’instant la bonne exécution du plan prévu. La proximité historique, religieuse et culturelle entre les deux nations exclut à priori l’usage de bombardements systématiques des villes par l’aviation russe. La mort de nombreux civils serait condamnée par une grande partie de l’opinion publique russe et mondiale.

En même temps, Poutine sait qu’il doit éviter toute guérilla urbaine synonyme d’enlisement probable.

Dans quelques jours le réseau Starlink d’Elon Musk garantira l’utilisation d’internet en Ukraine. Dans quelques semaines, les premières armes européennes seront livrées aux Ukrainiens, galvanisant les troupes. Hélicoptères et chars russes seront dès lors vulnérables.

Les sanctions européennes vont fragiliser l’économie russe, compliquer le financement du conflit, démobiliser les oligarques, et appauvrir la population. La vérité sur la guerre contre le berceau de la Russie sera bientôt connue de tous les Russes. Alors un ressentiment anti-Poutine risque de se répandre et de faire corps. Poutine doit intervenir massivement et rapidement. Le judoka sait utiliser la force de son adversaire à son bénéfice, le joueur d’échecs sait anticiper et camoufler les contours de son attaque jusqu’à ce qu’elle soit fatale. Poutine a mis en alerte sa dissuasion pour terroriser l’opinion publique occidentale et éviter toute intervention militaire de ses dirigeants. La menace fait partie de la stratégie. Pour sauver sa guerre, son pouvoir et sa peau, il lui reste peu de temps. Les jours prochains pourraient être le théâtre de combats d’une intensité extrême.

Il faut admettre néanmoins que le conflit demeure cantonné, que l’escalade paraît très improbable, que le sursaut européen est salutaire.

Les équipes d’Optigestion sont intervenues pour s’adapter rapidement à la situation et mettre en œuvre avec discernement les mesures de prudence qui s’imposent.

Jacques de Panisse Passis 2 mars

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