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Les marchés d’actions sont volatils et cette tendance ne semble pas près de s’arrêter

Depuis la fin du mois d’août, les marchés d’actions sont volatils et cette tendance ne semble pas près de s’arrêter. Selon moi, trois éléments déconcertent les investisseurs : L’incertitude économique en Chine, notamment la capacité des autorités à faire atterrir l’économie en douceur, la faiblesse des matières premières et les répercussions sur les producteurs...

Depuis la fin du mois d’août, les marchés d’actions sont volatils et cette tendance ne semble pas près de s’arrêter. Selon moi, trois éléments déconcertent les investisseurs :

  • L’incertitude économique en Chine, notamment la capacité des autorités à faire atterrir l’économie en douceur
  • La faiblesse des matières premières et les répercussions sur les producteurs et exportateurs
  • Les interrogations entourant la politique monétaire, la Fed s’approchant du premier relèvement de taux depuis 2006

En Chine, les autorités semblent avoir adopté une approche sélective du capitalisme : elles sont heureuses de prendre les aspects qui leur plaisent (notamment l’amélioration du niveau de vie et la montée en puissance de la Chine sur le plan international), mais en apprécient moins les effets « indésirables  », par exemple la chute des marchés d’actions. Reste à savoir si le récent décrochage boursier mettra en péril le programme de réforme économique de la Chine. Mais ce que nous pouvons dire avec certitude, c’est que l’économie connaît un ralentissement marqué. La question centrale est la suivante : la Chine réussira-t-elle à évoluer vers une économie moins bouillonnante mais de meilleure qualité, ce qui serait in fine positif pour les actifs risqués, ou le pays connaîtra-t-il une dégradation plus brutale ?

Selon moi, il n’y aurait rien de désastreux à ce que la croissance chinoise ralentisse à 4-5%, si les autorités réussissent cette transition vers la qualité et permettent à la Chine de progresser sur la chaîne de valeur économique.

Cela étant, certains s’inquiètent bien sûr de ce que feront les autorités pour redresser l’économie, y compris renouer avec les projets d’infrastructures de grande ampleur, potentiellement improductifs, ou soutenir des entreprises qui auraient dû aller à la faillite. Même si la Chine ne s’engage pas sur la voie des infrastructures, le génie de la dévaluation est sorti de la lampe et a fait surgir la menace d’une propagation de la déflation qui intervient en Chine et chez ses concurrents asiatiques au reste du monde. La Chine a dévalué sa devise, mais cette dernière reste chère par rapport aux autres monnaies asiatiques et émergentes, ce qui fait craindre une nouvelle dépréciation.

A plus long terme, le pays devra dégonfler la bulle du crédit et de l’immobilier sans engendrer trop d’effets néfastes, ce qui s’annonce compliqué compte tenu du taux d’expansion du crédit des dernières années. Par ailleurs, le marché croit de moins en moins en une « bonne  » solution de la part des autorités, dont les réactions sont pour le moins aléatoires.

En théorie, le décrochage des matières premières devrait être une excellente nouvelle pour les consommateurs des pays développés mais, pour l’heure, il semble que les économies réalisées grâce à la baisse des prix de l’énergie et des matières premières finissent plutôt à la banque que dans les magasins. Il est très difficile de savoir si le comportement des consommateurs a radicalement changé après la crise mais, compte tenu de la volatilité récente sur les marchés boursiers, il n’y a rien d’étonnant à ce que les ménages se montrent prudents à court terme.

Quelles sont les implications pour les taux d’intérêt ?

De mon point de vue, nous sommes bel et bien dans un contexte de faiblesse prolongée. Même si la Fed devrait relever ses taux directeurs dans les mois à venir en raison des tensions sur le marché du travail, il ne faut pas oublier que sa politique passera seulement de « très accommodante » à « accommodante ». Par ailleurs, si la volatilité se poursuit sur les marchés émergents, la banque centrale américaine pourrait estimer qu’un raffermissement du dollar participe du resserrement monétaire. Au Royaume-Uni, nous pensons que la Banque d’Angleterre relèvera ses taux début 2016.

En Europe et au Japon, les planches à billets continuent de tourner, mais cela ne se traduira pas nécessairement par un affaiblissement des devises, dans un monde où les investisseurs savent de moins en moins quelle trajectoire prendra la croissance, notamment parce que l’Europe et le Japon affichent des excédents courants.

Mark Burgess Septembre 2015

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