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Pourquoi se priver ?

Jerome Powell a trouvé un compromis satisfaisant et le ton juste. La FED va réduire dès maintenant son programme d’achats mensuels d’actifs de telle sorte qu’il parvienne à son terme mi 2022. En revanche, il n’est pas envisagé de resserrement monétaire tant que l’économie américaine n’aura pas atteint le plein emploi.

En déclenchant le tapering, la FED conforte ceux qui craignaient l’inaction de la banque centrale face à l’inflation. En spécifiant qu’il faudra attendre 2023 pour envisager la réduction de l’actif de la banque centrale ou la hausse des taux directeurs, elle rassure Wall Street. Enfin, en insistant sur la place prépondérante du plein emploi parmi les objectifs de la FED, Jerome Powell s’inscrit dans une perspective qui ne peut pas nuire au renouvellement de son mandat.

Simultanément, Christine Lagarde a confirmé avec détermination sa volonté de soutenir l’économie européenne par une politique monétaire accommodante aussi longtemps que nécessaire. Hier enfin, la BoE (Bank of England) n’a pas validé la hausse des taux directeurs anticipée par les investisseurs, estimant qu’une telle intervention était prématurée et inadaptée à la situation.

Il est vrai que de renchérir le coût du crédit n’aura pas d’impact sur la hausse du prix des matières premières, et ne permettra pas d’atténuer les effets de diverses pénuries qui pénalisent de nombreux secteurs depuis la crise du Covid. Tant que le mouvement ne se transmet pas aux salaires, on peut admettre que la hausse des taux ne serait pas pertinente. En revanche, si on assistait à une détérioration de la productivité, à une revalorisation des salaires ou à une augmentation de l’inflation sous-jacente (qui élimine les facteurs conjoncturels tendanciellement peu significatifs) le contexte changerait de tournure.

Aux États-Unis, ces derniers chiffres ne sont pas encourageants. Le coût salarial horaire a progressé de 8,3% en septembre, la productivité a baissé de 5,1%, (sa plus mauvaise performance depuis 40 ans). Enfin, la core inflation (price consumer) affiche une progression de 3,6% sur un an. Une statistique ne fait pas une tendance et il faudra suivre de près ces indicateurs pour observer une éventuelle persistance de la dégradation.

En revanche, annoncer un retour de l’inflation à 1% dans un an laisse dubitatif malgré la prévisibilité des effets de base. Trois hypothèses peuvent expliquer la prudence des banques centrales :
1. Elles sont convaincues du scénario qu’elles ont décrit et qui se résume à une hausse des prix qui ne durera pas, les tensions observées étant le fruit d’une reprise très brutale de la demande à la sortie de la crise du Covid.
2. Elles estiment que la reprise que nous connaissons est un peu artificielle. De nombreuses tendances fondamentales (vieillissement, progrès technologique, …) sont déflationnistes et le risque d’un retournement de conjoncture s’observe déjà en Chine. Il faut de ce fait assurer en priorité le maintien de la croissance, quoiqu’il en coûte.
3. Elles ne savent pas plus que vous et moi ce que nous réservent les années futures mais elles ne doutent pas que leur priorité est de tout mettre en œuvre pour éviter la faillite des Etats. Or ceux-ci sont pour la plupart surendettés. Maintenir les taux d’intérêt au plus bas devient dès lors l’objectif numéro 1 incontournable.

Les banques centrales viennent de confirmer le maintien des taux d’intérêt au plus bas, cette rémunération dérisoire renforce l’attrait des actions. Les largesses monétaires et budgétaires déclenchées avec la crise du Covid continuent d’alimenter les bourses. Enfin, les sociétés parviennent le plus souvent à battre des records de croissance et de rentabilité. Le troisième trimestre en a apporté à nouveau la preuve. Il en résulte - très logiquement - une constante progression des indices boursiers.

Alors, pourquoi se priver !

Jacques de Panisse Passis 10 novembre

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