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Réseaux sociaux : un nouvel outil de trading

L’usage des réseaux sociaux dans l’univers de la finance ne se limite plus à la communication, au marketting ou encore au recrutement. Considérés comme des bases pertinentes d’information, les réseaux sociaux font leur entrée dans les activités de news trading...

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Réputés pour être de puissants véhicules de communication auprès d’une clientèle privée, les réseaux sociaux, lors de récents évènements, ont dévoilé une tout autre image, celle de plateformes d’information en temps réel.

Cette réussite est fortement liée au concept d’auto-partage qui a fait le succès du web dans le domaine de l’informatique et qui ici se transforme en auto-reportage pour le domaine de l’actualité. L’accès à l’information étant capital en finance, il n’en fallait pas plus pour que certains y voient une source d’information supplémentaire ou complémentaire afin - dans le meilleur des cas - de "monitorer" une stratégie d’investissement existante.

Mais l’histoire ne s’arrête pas la, on peut aller au delà de l’outil d’aide à la décision et en faire un générateur de signaux d’investissement : selon CNBC, un hedge fund basé à londres, Derwent Capital Markets, aurait proposé, avec succès, à des clients fortunés un produit réalisant des choix d’investissements basés sur l’analyse quotidienne de plus de 100 millions de "tweets" !

Le fonds, Derwent Capital Absolute Returns qui devrait commencer à traiter en avril, aurait levé environ 25 million de livres sterling et déterminerait des tendances de marché en analysant les données de Twitter.

Le monde accadémique s’est déjà penché sur l’utilisation des réseaux sociaux comme source pertinente d’information. John Bollen, professeur à l’université de Manchester et à l’université d’Indiana, a publié un article en octobre dernier soutenant que l’utilisation du nombre de mots émotionnels publiés sur Twitter pouvait permettre d’avoir une anticipation des mouvements quotidiens du Dow Jones Industrial Average avec un taux de succès de 87.6%. La variation émotionnelle exprimée via Twitter serait accompagnée d’un mouvement de l’index dans la semaine qui suit.

Lors d’une interview télephonique accordée à Bloomberg, Paul Hawtin, co-fondateur de Derwent Capital déclarait : "Le sentiment et l’humeur changent radicalement l’impact de nouvelles positives ou négatives, Si le marché est dans une atmosphère très positive et optimiste, il peut ignorer les mauvaises nouvelles". John Bollen est pressenti pour travailler pour Derwent Capital.

Plus généralement, la nouveauté ne réside pas tant dans la notion de sentiment ou dans l’utilisation de nouvelles mais dans la source utilisée.

Nous vivons dans une ère ou la croissance du nombre de données est supérieure à l'évolution technologique nécessaire à son analyse. Les gagnants en trading seront ceux qui seront capables d’exploiter efficacement une information non structurée
Gideon Ozik

En effet, il faut savoir comme nous le rappelle Gideon Ozik, expert en gestion d’investissement financiers, qu’on dénombre actuellement deux grandes familles de stratégies basées sur les médias :
- Le market timing qui repose sur la détermination d’un sentiment agrégé afin de générer des signaux achat/vente sur les indices globaux
- L’ event trading qui s’appuie sur une identification rapide d’un évènement (corporate event) et une exécution électronique quasi instantanée.

Auteurs d’articles de recherche sur l’impact des médias, Gideon Ozik et Ronnie Sadka ont montré que le pouvoir prédictif significatif des stratégies basées sur les médias provient de la capacité à analyser de nombreuses données, issues de multiples sources (incluant les medias sociaux) et relative à des entités diverses !!

C’est le savoir né du mapping des multiples sources aux diverses entités qui permet véritablement l’extraction d’alpha.

Les réseaux sociaux permettent donc d’élargir encore plus le spectre de l’analyse d’information. Toutefois, on pourrait raisonnablement craindre que le fort "screening" de l’information disponible pousse des entreprises à imposer à leur "personnel sensible" de déclarer ou supprimer leur "comptes privés" sur les réseaux sociaux dans une logique similaire à la déclaration des investissements financiers.

Next Finance Mars 2011

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